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HISTOIRE ET COSTUMES
il ne nomme pas, et qu’il dit avoir été mariée à André d’Alesso. Sesdeux cousins l’auraient accompagné en France. Le premier, Pierre, seserait fait minime; et l’autre, Antoine, s’y serait marié. Ainsi, ce seraitpar les descendants d’Antoine d’Alesso que plusieurs familles françaisesse trouveraient parentes du saint.
Suivant Butler, Brigide serait la sœur de François, et aurait eu un fdsd’André d’Alesso, qui aurait suivi son oncle en France. Plus loin, il parled’un autre neveu du saint, nommé Nicolas, qu’il dit avoir été ressuscitémiraculeusement par son oncle, et qui serait ensuite entré dans son ordre.
Il faut conclure de tout cela que le saint ermite a amené avec lui enFrance un cousin ou un neveu qui s’y e,-t marié, mais dont le nom debaptême est mal indiqué.
De toutes les familles françaises qui réclament l’honneur d’être pa-rentes du saint, les plus connues sont celles d’Eaubonne et d’Ormesson.
Quoi qu’il en soit, le roi envoya son fds au-devant de saint Françoisde Paule, à Amboise, d’où il l’emmena au Plessis, en 1482, et il vintlui-même à sa rencontre. Aussitôt qu’il se vit en présence du serviteur deDieu, oubliant lui-même qu’il était roi, il se jeta à ses pieds et lui dit :Saint homme, il ne‘tient qu’à vous de me guérir! L’homme de Dieu,comme autrefois Élie devant Ochozias , ou comme Daniel devant Bal-Ihazar, réponditau roi que les princes, comme les autres hommes, étaientsujets à la mort, et que, quand Dieu avait marqué le terme de leur vie,c’était à eux à s’y soumettre et à se dispo-ser à paraître en sa présence.Tous les assistants furent frappés de la majesté des paroles du sainthomme. Sous le règne précédent, les Français avaient cru voir un en-voyé du ciel dans une jeune fdle, qui venait leur annoncer le salut de lamonarchie. Ils crurent reconnaître la même chose dans ce vieillard, quise présentait pour avertir leur monarque qu’il fallait mourir. Louis sesoumit à sa destinée, et, suivant les avis du saint, se prépara à la mort.Elle vint le frapper l’année suivante, 1483 (1).
(I) Chénier, dans sa tragédie de Charles IX, fait bénir sur le théâtre, par le cardinal de Lor-raine, les poignards destinés aux massacres de la Saint-Barthélemy. Casimir Delavigne, danscelle de Louis IX, représente ce roi se confessant à saint François de Paule. Le premier de cesdeux écrivains ignorait, ou feint d’ignorer, que le cardinal de Lorraine était alors à Rome, etl’autre ne savait pas que François de Paule n’était pas prêtre. Il faut plaindre la mauvaise foi del’un et l’ignorance de l’autre.