DES ORDRES RELIGIEUX.
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plus dévot que religieux ; n’aimant personne, pas même ses enfants ; tou-jours occupé de ses affaires et surtout de sa santé. Ce prince ayant apprisce qu’on racontait des miracles que faisait le saint ermite de la Calabre,s’imagina que ce nouveau thaumaturge pourrait lui rétablir la santé, dontil éprouvait tous les jours le dépérissement malgré tout l’art des médecins.
Il le fit donc prier de venir en France, et de plus écrivit au roi deNaples, pour le prier de le lui envoyer. Tout fut inutile. Le saint ré-pondit qu’il n’irait pas trouver un roi qui commencerait par lui deman-der un miracle. Louis, n’ayant pu rien obtenir, ni du saint, ni du roide Naples, s’adressa au pape Sixte IV. Le souverain pontife ordonnaalors au solitaire de partir sans délai. François obéit, et voici commentPhilippe de Comines raconte son voyage :
« Le dit hermite passa par Naples, honoré et visité autant qu’un grand» légat apostolique, tant du roy de Naples que de ses enfans, et parloit» avec cela comme un homme nourry en cour. De là passa à Rome, et» fut visité de tous les cardinaux, et eut audience avec le pape, par trois» fois, seul à seul, assis auprès deluy, en belle chaire, l’espace de trois» ou quatre heures, à chacune fois (qui estoit grand honneur à un si» petit homme) (1), respondant si sagement, que chacun s’en esbayssoit.»
Comines dit encore :
« Ne pense jamais avoir veu homme vivant de si saincte vie, ne où» sembloit mieux que le Saint-Esprit parlast par sa bouche, car il n’es-» toit clerc ne lettré, et n’apprit jamais rien.
» Jel’ay maintefois ouy parler devant le roy, où estoient tous, les grands» du royaume, mais il sembloit qu’il fust inspiré de Dieu à choses qu’il» disoit et remonstroit; car autrement n’eut sceu parler des choses dont» il parloit. »
Le saint ermite amenait avec lui quelques religieux et deux de sesparents. Mais il est assez difficile de débrouiller ce que disent le P. Hé-lyot et Adam Butler sur la famille de saint François de Paule.
Suivant le premier, Brigitte, mariée à Antoine d’Alesso, serait satante, et alors les deux enfants de celle-ci, Pierre et Antoine d’Alesso,seraient ses cousins. Plus bas, Hélyot parle d’une sœur du saint, laquelle
(1) Ce petit homme était un grand saint, et le pape savait qu’un saint est te chef-d’œuvre de laDivinité. Mirabilis Deus in sanclis suis. (Ps. 67, v. KO.)