SUIVITES.
Il y a, à deux lieues de Florence, une montagne environnée de sixautres, quelle paraît commander. On l’appelle dans le pays il Monte-Senario. C’est la traduction de Mous sani aevis, qu’il porte à cause de labonté de l’air qu’on y respire.
Cette montagne est ombragée par une forêt de gros sapins, qui luifournit un délicieux ombrage et amortit la violence des vents, de manièrequ’on y jouit d’une température fort douce qui y produit un printempsperpétuel et rend ce séjour des plus agréables.
Cette solitude, d’une culture facile et d’un excellent rapport, a étéle berceau d’un ordre très-répandu en Italie, et qui porte le nom deserviles.
Il a pour auteurs sept riches Florentins, membres d’une confrérie,qui faisait profession d’une dévotion particulière envers la sainte Vierge.
Un jour de l’Assomption, de l’an 1253, pendant qu’ils assistaient à lamesse solennelle dans leur oratoire, ils se sentirent tous à la fois commeinspirés de se dévouer entièrement au culte de la mère du Sauveur et dese consacrer exclusivement à son service.
Us se communiquèrent mutuellement le désir qu’ils éprouvaient, et seconcertèrent pour le mettre à exécution. Us commencèrent par vendreleurs biens cl en distribuèrent le prix aux pauvres, prenant à la lettrele conseil donné par Jésus-Christ au jeune homme qui lui demandaitce qu’il fallait faire pour être parfait observateur de la loi chrétienne.
De là ils allèrent consulter l'évêque de Florence pour savoir quellemarche ils devaient suivre pour répondre à leur nouvelle vocation. Ceprélat les exhorta à obéir à l’attrait de la grâce, leur offrit ses bons ofiieespour les y soutenir, et leur permit de se choisir un lieu pour leur servird’oratoire particulier et y faire célébrer la messe.