HISTOIRE ET COSTUMES
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Ils achetèrent pour cela une chétive maison, située à l’écart près d’unedes portes de la ville, s’y renfermèrent, se revêtirent d’hahits pauvres,et, avec la permission de leur évcque, y vécurent des aumônes qu’onvoulait bien leur donner. C’était suivre l’exemple de saint François (l’As-sise, qui le premier, à la même époque, avait indiqué aux religieux cenouveau genre de vie pour confondre les hérétiques d’alors.
Ce fut un spectacle étrange pour les Florentins de voir sept de leursconcitoyens, qui avaient tenu un rang distingué dans leur ville, porterles livrées de la pauvreté et confondus avec les mendiants de leur cité.On ne pouvait les rencontrer dans les rues sans les admirer, et le nomqu’011 leur donnait était celui de serviteurs de la Vierge Marie, d’oùleur est venue la dénomination de serviles, sous laquelle ils sont connus.
Ils passèrent à peu près un an dans leur premier établissement auxportes de Florence; mais ne s’y trouvant pas assez tranquilles, et soupi-rant après une retraite plus profonde, ils allèrent la chercher sur leMonle-Senario , oii l’évêque leur céda un terrain qui appartenait à sonéglise. Ils choisirent pour supérieur le plus vieux parmi eux, qui s’ap-pelait lîuonfiglio Monaldi, bâtirent une église sur les ruines d’un vieuxchâteau, et construisirent autour des cellules pour chacun d’eux.
Enchantés de leur nouvelle solitude, ils y vivaient cachés aux yeux dumonde, et pouvait s’y livrer sans obstacle aux mortifications qui faisaientleurs délices. Ils se contentaient pour vivre des fruits que leur donnait laculture de leurs terres et de leur jardin.
Mais une vie si misérable les incommodant beaucoup, leur supérieurMonaldi jugea à propos de profiter de la permission de mendier que leuravait donnée l’évêque de Florence. Il les envoyait chaque jour à la villerecueillir les aumônes qu’on voulait bien leur faire, pour les rapporter lesoir au Monte-Senario.
C’était cependant encore une fatigue bien grande pour des religieuxexténués de jeûnes, de faire deux fois par jour le trajet de leur solitude àFlorence. Ils prirent le parti de se construire un petit hospice près de laporte de la ville la plus voisine du mont Senario. Ils y placèrent deux outrois des leurs pour y garder les aumônes qu’ils recueillaient à Florence (I).
(I) On no conçoit peul cire pas conmionl lanl d'ordres mendiants pouvaient vivre d’aumônes,et cumulent on ne se lassait pas de les nourrir.
Ceux (pii ont vu les temps (jui ont précédé la révolution française, se souviennent (pie