DES ORDRES RELIGIEUX.
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Colombini mourut le 51 juillet 1567 (1). Celui qui succéda à Colom-bini, dans le gouvernement de son ordre, fut son ami et son premiercompagnon, François Mino Vincenti, qui ne lui survécut que quinze jourset fut enterré à ses côtés.
Pie Y mit les jésuates au nombre des ordres mendiants. Pendant deuxsiècles ce n’étaient que des laïques, comme nous voyons aujourd’hui lesfrères de la doctrine chrétienne. Ils n’avaient d’autres prières à réciterqu’un certain nombre de Pater et d 'Ave Maria. Ils passaient leur vie àaller dans les hôpitaux soigner les malades, et exerçaient quelquesmétiers. Ce n’est qu’en l’année 1606 que Paul Y leur permit de prendreles ordres sacrés et de faire le grand office romain.
Dans beaucoup de maisons, ils composaient des médicaments qu’ilsdonnaient gratuitement aux pauvres. D’autres distillaient des liqueurs,d’où on les appelait en Italie gli patri dell’ acquavita. C’est ainsi qu’àParis les carmes composaient l’eau de mélisse, qu’on appelait l’eau descarmes. ‘
L’ordre des jésuates fut supprimé, en 1668, par Clément IX, à lademande de la république de Venise. Comme les maisons qu’ils avaientdans ce pays étaient fort riches, les Vénitiens exposèrent au saint-pèreque leur suppression fournirait à la république les moyens de soutenir laguerre contre les Turcs, qui faisaient alors le siège de Candie. Mais le papeassigna à tous ces religieux des revenus suffisants pour le reste de leur vie.
La bulle qui supprima les jésuates n’atteignit pas les religieuses de cenom qui avaient été fondées du vivant de Colombini, par sa cousineCatherine Colombini. Elles avaient des établissements à Florence, àPistoie, à Lucques, à Pise et à Bologne.
De tous les ordres religieux supprimés par le saint-siège, un seul aété rétabli : c’est celui des jésuites, qui l’a été de nos jours par Pie VIL
C’est à propos d’un cas pareil, qui ne s’est présenté qu’une foisdans l’histoire, que saint Bernard a dit : Unus, ne desperes; unicus, neprœsumas.
(1) Cette année est celle du retour du saint-siège, d’Avignon à Rome, après une absencede soixante ans. C’était un pape du même numéro qu’Urbain V, savoir : Clément V quil’avait établi h Avignon. Une autre conformité entre ces deux papes, qui tous deux étaientFrançais, c’est qu’ils vécurent, sur le siège de saint Pierre, le même temps, c’est-à-dire