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1 (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES

leurs mauvaises actions en prenant un costume monacal pour mourir.Les hommes qui nous ont précédés marchaient avec leur siècle, commenous marchons avec le nôtre.

Jean Colombini, voyant le nombre de ses disciples augmenter, demandaau pape Urbain V, alors résidant à Avignon, la confirmation de son ordre.Quand le souverain pontife se mit en route, en 1567, avec toute sa courpour retourner à Rome, il trouva à Viterbe Colombini qui ly attendaità la tête de ses compagnons. Le pape les accueillit favorablement; mais,en voyant leur air négligé et misérable, il voulut quils couvrissent leurstêtes et portassent des sandales de bois. 11 leur prescrivit pour costumeune tunique blanche, serrée dune ceinture de cuir, avec un chaperonpour se couvrir la tête. Il ne leur donna pas de règle. Ce ne fut que long-temps après quils prirent deux-mêmes celle de saint Augustin, et ce futun de leurs frères, qui dans la suite devint évêque de Trévise, qui laccom-moda à leur usage. Le pape Urbain V leur donna le nom d e jésuates desaint Jérôme.

Le nom de ce saint docteur des premiers siècles de lÉglise était engrande vénération dans lItalie, à en juger par le grand nombre decongrégations religieuses instituées dans ce pays sous la protection de .saint Jérôme. Cest de même par respect pour les trois autres docteursdes premiers temps, saint Basile, saint Augustin et saint Ambroise, queplusieurs ordres religieux shonorèrent den porter les noms.

Les jésuates étaient connus aussi sous le nom de clercs apostoliques,parce que leur manière de vivre rappelait celle quavaient menée lesapôtres eux-mêmes.

Au reste, saint Colombini navait vécu quautant quil en fallait pourvoir son ordre approuvé par le chef de lÉglise : car, en retournant deViterbe à Sienne, il fut attaqué en route de la maladie qui lemporta lamême année. Ses compagnons lenterrèrent à labbaye de Sainte-Bonde, sa fille était religieuse. Il y eut un grand concours dassistants à sesobsèques, qui furent célébrées avec beaucoup de pompe, quoiquil eûtdemandé à être transporté sur un âne, les mains liées sur le dos, etenterré au pied de la muraille du monastère. Cest sous linspirationdun même sentiment dhumilité quun saint évêque dAmiens, du siècledernier, avait demandé à être enterré dans le cimetière commun au milieudes pauvres.