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HISTOIRE ET COSTUMES
leurs mauvaises actions en prenant un costume monacal pour mourir.Les hommes qui nous ont précédés marchaient avec leur siècle, commenous marchons avec le nôtre.
Jean Colombini, voyant le nombre de ses disciples augmenter, demandaau pape Urbain V, alors résidant à Avignon, la confirmation de son ordre.Quand le souverain pontife se mit en route, en 1567, avec toute sa courpour retourner à Rome, il trouva à Viterbe Colombini qui l’y attendaità la tête de ses compagnons. Le pape les accueillit favorablement; mais,en voyant leur air négligé et misérable, il voulut qu’ils couvrissent leurstêtes et portassent des sandales de bois. 11 leur prescrivit pour costumeune tunique blanche, serrée d’une ceinture de cuir, avec un chaperonpour se couvrir la tête. Il ne leur donna pas de règle. Ce ne fut que long-temps après qu’ils prirent d’eux-mêmes celle de saint Augustin, et ce futun de leurs frères, qui dans la suite devint évêque de Trévise, qui l’accom-moda à leur usage. Le pape Urbain V leur donna le nom d e jésuates desaint Jérôme.
Le nom de ce saint docteur des premiers siècles de l’Église était engrande vénération dans l’Italie, à en juger par le grand nombre decongrégations religieuses instituées dans ce pays sous la protection de .saint Jérôme. C’est de même par respect pour les trois autres docteursdes premiers temps, saint Basile, saint Augustin et saint Ambroise, queplusieurs ordres religieux s’honorèrent d’en porter les noms.
Les jésuates étaient connus aussi sous le nom de clercs apostoliques,parce que leur manière de vivre rappelait celle qu’avaient menée lesapôtres eux-mêmes.
Au reste, saint Colombini n’avait vécu qu’autant qu’il en fallait pourvoir son ordre approuvé par le chef de l’Église : car, en retournant deViterbe à Sienne, il fut attaqué en route de la maladie qui l’emporta lamême année. Ses compagnons l’enterrèrent à l’abbaye de Sainte-Bonde,où sa fille était religieuse. Il y eut un grand concours d’assistants à sesobsèques, qui furent célébrées avec beaucoup de pompe, quoiqu’il eûtdemandé à être transporté sur un âne, les mains liées sur le dos, etenterré au pied de la muraille du monastère. C’est sous l’inspirationd’un même sentiment d’humilité qu’un saint évêque d’Amiens, du siècledernier, avait demandé à être enterré dans le cimetière commun au milieudes pauvres.