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HIÉRONIMITES EN ESPAGNE.
En voyant plusieurs ordres religieux prendre le nom d’héronimites,faut-il en conclure que saint Jérôme les ait institués et qu’ils suivent unerègle qu’il leur ait prescrite? Ce serait une erreur.
Ce docteur, peut-être moins profond mais plus éloquent que saintAugustin, n’était.proprement ni moine, ni ermite. C’était un homme d’unegrande sainteté, solitaire, comme le sont tous ceux qui aiment l’étude.
Ce savant étudiait, écrivait et se plaisait dans son cabinet. De mêmeque saint Ambroise n’avait pas dédaigné de faire son ami d’un manichéen,professeur de lettres profanes, tel qu’Augustin avant sa conversion, saintJérôme prenait des leçons d’hébreux d’un rabbin, sans disputer sur lareligion avec lui.
Faut-il donner le nom de couvent à la maison qu’il habitait à Bethléem?Nous le savons pas. Toujours est-il que nous ne voyons pas qu’il y eûtdes compagnons pour partager ses exercices, ou dont il fût le chef.
Quoique tout entier à ses goûts studieux, il ne se passait cependantrien autour de lui qu’il ne s’y intéressât. 11 écrivait contre les novateursqui troublaient la paix de l’Église par des dogmes de leur invention ;répondait à toutes les lettres qu’on ne cessait de lui écrire; dirigeait parécrit la conscience de plusieurs femmes pieuses qui lui demandaient desconseils; n’était pas étranger aux polémiques qui s’élevaient dans l’Église.Sa vaste correspondance le tenait au courant de toutes les nouvelles poli-tiques, et du fond de sa retraite il entendait, pour ainsi dire, les craque-ments qui annonçaient la chute de l’empire romain dans les Gaules.
On voit donc par là que les moines, cénobites ou ermites, qui depuisont pris son nom, n’étaient pas proprement ses disciples.
Le P. IJélyot compte quatre congrégations religieuses qui ont pris lenom d’ermites de saint Jérome, tant en Italie qu’en Espagne. Nous venons