DES ORDRES RELIGIEUX.
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Cet ordre se répandit fort rapidement. Saint Dominique en établit desmonastères à Rome, dans beaucoup d’autres villes d’Italie, en Espagne,en Pologne, en France et jusqu’en Ecosse. Celui qu’il établit à Parisétait dans la rue Saint-Jacques, d’où les dominicains portaient, en France,le nom de jacobins.
C’est à Bologne, dans la Romagne, que saint Dominique passa les der-nières années de sa vie. Il y mourut, en 1221, à cinquante et un ans. Ilfut canonisé, en 1234, par Grégoire IX.
Il a plu à quelques écrivains, ignorants ou malintentionnés, d’attri-buer à saint Dominique l’établissement de l’inquisition, sans faire attentionque cette juridiction ne fut instituée qu’en 1233, c’est-à-dire, douze ansaprès sa mort.
Une des plus grandes lumières que cet ordre ait produites, est saintThomas d’Aquin. Il a donné aussi à l’Église quatre papes et un grandnombre de cardinaux, d’évêques et d’écrivains célèbres. Une centaine deces religieux furent martyrisés par les Tartares, chez qui ils faisaient desmissions.
Cet ordre jeta, à sa naissance, le plus grand éclat dans l’Église. Lesauteurs contemporains sont remplis d’éloges sur le zèle et le talentde ces religieux. « Quoi de plus admirable, disait alors Thomas de» Cantimpré, que de voir les frères prêcheurs, exténués par les veilles» et les longues études, sans argent, et n’ayant sur eux que quelques» livres de dévotion, sans chevaux ni voitures, et traînant à pied leurs» membres fatigués, parcourir, pour ainsi dire, toute la terre en prê-» chant? »
Les dominicains, quoique établis à Louvain dès l’an 1228, et à Anvers,vers 1245, ne le furent à Bruxelles qu’en l’an 1457. Ce fut la duchessede Bourgogne, Isabelle de Portugal, troisième femme de Philippe le Bon,et mère de Charles le Téméraire, qui fut la fondatrice de leur couvent.Elle fut autorisée, par le pape Calixte III, à faire cette fondation, quellemit sous l’invocation d’un saint nouvellement canonisé : c’était saintVincent Ferrier, dominicain espagnol, mort en 1419, à Vannes, en Bre-tagne, et connu dans l’Église par les efforts qu’il avait faits pourl’extinction du grand schisme d’Occident. La construction du couvent desdominicains de Bruxelles, commencée en 1457, ne fut terminée qu’en1465. Il n’en reste plus rien. La maison et l’église ont fait place à la