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1 (1845)
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DES ORDRES RELIGIEUX.

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de son fils, esclave chez les Mores, dans limpuissance il était delassister autrement. Ses études finies, il donna des leçons publiques delÉcriture sainte à Palencia, et sy fit une grande réputation.

En 1198, lévêque dOsma ayant soumis les chanoines de son église àla règle des chanoines réguliers de saint Augustin, fit entrer Dominiquedans son chapitre. Il fut bientôt le modèle de tous ses confrères, parlardeur de sa dévotion et son détachement de toutes les choses humaines.

Alphonse IX, roi de Castille, ayant chargé lévcque dOsma daller de-mander la fille du comte de la Marche pour son fils Ferdinand, Domi-nique accompagna son évêque dans ce voyage. Cette mission remplie,lévêque et son compagnon, qui, en traversant le Languedoc, avaient ététémoins du triste état se trouvait la foi, dans cette province, par lesravages quy faisaient les albigeois, allèrent à Rome, demander au pape,Innocent III, la permission dinstruire ces hérétiques; ce quil leuraccorda.

Ils vinrent donc à Montpellier, vers la fin de 1205, pour commencerleurs travaux. Ils y trouvèrent plusieurs abbés de lordre de Cîteaux, quiy étaient venus pour la conversion des sectaires; mais comme ces moinesétaient entourés dun train qui ne convenait guère à des ouvriers évangé-liques, ils navaient fait aucun fruit.

« Les missionnaires sentirent alors le danger et la difficulté de leur» entreprise. Les hérétiques, non contents de porter la terreur et la déso-» lation dans leur propre pays, se répandaient dans plusieurs provinces,» au nombre de 4,000, 5,000 et même 8,000 hommes, pillaient les villes» et les villages, massacraient les prêtres, écorchant les uns tout vivants,» et frappant les antres jusquà la mort (I). Dans les églises, ils brisaient» et profanaient les vases sacrés, et poussaient limpiété jusquà convertir» les ornements des autels en habits de femmes (2). » Ils avaient péné-tré jusque dans le Berri, mais Philippe-Auguste les arrêta en leur tuantdix mille hommes.

(1) Si on eût lu ces détails, il y a soixante ans , on eût pu les croire exagérés. Mais quand,dans la France régénérée, éclairée et civilisée, on a vu les massacres de prêtres aux Carmes,à Saint-Firmin, à lAbbaye, les noyades de Nantes, les déportations à Sinnamary, on croirafacilement ce quon dit des albigeois, qui vivaient dans un siècle les mœurs étaient plusdures que les nôtres. On pourra même les trouver modérés pour ce temps.

(2) Boiter, Vies des Saints, i août.