DES ORDRES RELIGIEUX.
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de son fils, esclave chez les Mores, dans l’impuissance où il était del’assister autrement. Ses études finies, il donna des leçons publiques del’Écriture sainte à Palencia, et s’y fit une grande réputation.
En 1198, l’évêque d’Osma ayant soumis les chanoines de son église àla règle des chanoines réguliers de saint Augustin, fit entrer Dominiquedans son chapitre. Il fut bientôt le modèle de tous ses confrères, parl’ardeur de sa dévotion et son détachement de toutes les choses humaines.
Alphonse IX, roi de Castille, ayant chargé l’évcque d’Osma d’aller de-mander la fille du comte de la Marche pour son fils Ferdinand, Domi-nique accompagna son évêque dans ce voyage. Cette mission remplie,l’évêque et son compagnon, qui, en traversant le Languedoc, avaient ététémoins du triste état où se trouvait la foi, dans cette province, par lesravages qu’y faisaient les albigeois, allèrent à Rome, demander au pape,Innocent III, la permission d’instruire ces hérétiques; ce qu’il leuraccorda.
Ils vinrent donc à Montpellier, vers la fin de 1205, pour commencerleurs travaux. Ils y trouvèrent plusieurs abbés de l’ordre de Cîteaux, quiy étaient venus pour la conversion des sectaires; mais comme ces moinesétaient entourés d’un train qui ne convenait guère à des ouvriers évangé-liques, ils n’avaient fait aucun fruit.
« Les missionnaires sentirent alors le danger et la difficulté de leur» entreprise. Les hérétiques, non contents de porter la terreur et la déso-» lation dans leur propre pays, se répandaient dans plusieurs provinces,» au nombre de 4,000, 5,000 et même 8,000 hommes, pillaient les villes» et les villages, massacraient les prêtres, écorchant les uns tout vivants,» et frappant les antres jusqu’à la mort (I). Dans les églises, ils brisaient» et profanaient les vases sacrés, et poussaient l’impiété jusqu’à convertir» les ornements des autels en habits de femmes (2). » Ils avaient péné-tré jusque dans le Berri, mais Philippe-Auguste les arrêta en leur tuantdix mille hommes.
(1) Si on eût lu ces détails, il y a soixante ans , on eût pu les croire exagérés. Mais quand,dans la France régénérée, éclairée et civilisée, on a vu les massacres de prêtres aux Carmes,à Saint-Firmin, à l’Abbaye, les noyades de Nantes, les déportations à Sinnamary, on croirafacilement ce qu’on dit des albigeois, qui vivaient dans un siècle où les mœurs étaient plusdures que les nôtres. On pourra même les trouver modérés pour ce temps.
(2) Boiter, Vies des Saints, i août.