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1 (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES

Augustin, vont renaître sous les noms de vaudois, de pélrobrusienset dalbigeois (I). Voilà les nouveaux ennemis que l'Eglise va avoir surles bras.

Les bénédictins se présentèrent les premiers : mais leurs armes étaientémoussées. Us avaient combattu avec succès lidolâtrie, mais ils parais-saient reculer devant lhérésie, et il fallait une nouvelle milice pour sou-tenir ces vétérans affaiblis. Ils trouvèrent dheureux auxiliaires dansdeux ordres que le treizième siècle avait vu naître : les franciscains et lesdominicains. Le pape Alexandre IV, dans un bref adressé à tous lesévêques, dit que « ces deux ordres ont déclaré la guerre à tous les cnnc-» mis des âmes, et consacrent tous leurs efforts à ramener, dans le sen-» ticr de la vérité, ceux qui sen sont écartés, et à combattre les desseinsï pervers des hérétiques (2). >

Nous avons déjà parlé des franciscains : nous allons parler des domi-nicains.

Saint Dominique, fondateur de cet ordre, vint au monde, en 1170, àCalahora, dans la Vieille-Castille. Deux de ses frères lurent, comme lui,prêtres, et lun deux embrassa son institut.

A lâge de quatorze ans, il alla continuer ses études, quil avait déjàcommencées chez un de ses oncles, prêtre, à Palencia et de à Sala-manque. Il fit, en peu de temps, des progrès rapides dans la rhétorique,la philosophie, la théologie, et acquit, une profonde connaissance de lEcri-ture sainte cl des Pères de lEglise. A vingt et un ans il donnait déjàlexemple de toutes les vertus, et surtout de la charité pour les malheu-reux, jusquà soffrir lui-même à une pauvre femme, pour prendre la place

(1) Les albigeois, et, avant eux, les vaudois, les cathares, etc., étaient de nouveaux mani-chéens, qui affectaient un grand rigorisme de principes et de conduite. Ils condamnaient lemariage, et admettaient aussi deux principes, lun bon, lautre mauvais. Ils avaient sur lessacrements, sur la prière et les cérémonies de lÉglise, les mêmes idées qui font aujourd'hui

*la base de la doctrine des protestants, dont ils furent les précurseurs. Ils en voulaient surtoutaux prêtres et aux moines, dont les richesses servaient de texte à leurs déclamations. Ces sec-taires, nés dans la Lombardie, sétaient répandus dans le Languedoc. Le plus grand nombreétait concentré autour dAlbi, d ils prirent le nom dalbigeois. Lappât des biens ecclésias-tiques, dont ils demandaient le pillage, leur avait procuré beaucoup dadhérents. Soutenus dela protection du comte de Toulouse, et de quelques petits princes du voisinage, comme les pro-testants le furent plus tard de celle de lélecteur de Saxe, ils chassaient, les armes à la main, lesévêques, les prêtres et les moines, détruisaient les monastères et démolissaient les églises.

(2) Act. SS., t. i. Aug , p. 440,