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HISTOIRE ET COSTUMES
Augustin, vont renaître sous les noms de vaudois, de pélrobrusienset d’albigeois (I). Voilà les nouveaux ennemis que l'Eglise va avoir surles bras.
Les bénédictins se présentèrent les premiers : mais leurs armes étaientémoussées. Us avaient combattu avec succès l’idolâtrie, mais ils parais-saient reculer devant l’hérésie, et il fallait une nouvelle milice pour sou-tenir ces vétérans affaiblis. Ils trouvèrent d’heureux auxiliaires dansdeux ordres que le treizième siècle avait vu naître : les franciscains et lesdominicains. Le pape Alexandre IV, dans un bref adressé à tous lesévêques, dit que « ces deux ordres ont déclaré la guerre à tous les cnnc-» mis des âmes, et consacrent tous leurs efforts à ramener, dans le sen-» ticr de la vérité, ceux qui s’en sont écartés, et à combattre les desseinsï pervers des hérétiques (2). >
Nous avons déjà parlé des franciscains : nous allons parler des domi-nicains.
Saint Dominique, fondateur de cet ordre, vint au monde, en 1170, àCalahora, dans la Vieille-Castille. Deux de ses frères lurent, comme lui,prêtres, et l’un d’eux embrassa son institut.
A l’âge de quatorze ans, il alla continuer ses études, qu’il avait déjàcommencées chez un de ses oncles, prêtre, à Palencia et de là à Sala-manque. Il fit, en peu de temps, des progrès rapides dans la rhétorique,la philosophie, la théologie, et acquit, une profonde connaissance de l’Ecri-ture sainte cl des Pères de l’Eglise. A vingt et un ans il donnait déjàl’exemple de toutes les vertus, et surtout de la charité pour les malheu-reux, jusqu’à s’offrir lui-même à une pauvre femme, pour prendre la place
(1) Les albigeois, et, avant eux, les vaudois, les cathares, etc., étaient de nouveaux mani-chéens, qui affectaient un grand rigorisme de principes et de conduite. Ils condamnaient lemariage, et admettaient aussi deux principes, l’un bon, l’autre mauvais. Ils avaient sur lessacrements, sur la prière et les cérémonies de l’Église, les mêmes idées qui font aujourd'hui
*la base de la doctrine des protestants, dont ils furent les précurseurs. Ils en voulaient surtoutaux prêtres et aux moines, dont les richesses servaient de texte à leurs déclamations. Ces sec-taires, nés dans la Lombardie, s’étaient répandus dans le Languedoc. Le plus grand nombreétait concentré autour d’Albi, d’où ils prirent le nom d’albigeois. L’appât des biens ecclésias-tiques, dont ils demandaient le pillage, leur avait procuré beaucoup d’adhérents. Soutenus dela protection du comte de Toulouse, et de quelques petits princes du voisinage, comme les pro-testants le furent plus tard de celle de l’électeur de Saxe, ils chassaient, les armes à la main, lesévêques, les prêtres et les moines, détruisaient les monastères et démolissaient les églises.
(2) Act. SS., t. i. Aug , p. 440,