DOMINICAINS.
La destinée de l’Église catholique esl de vivre dans les combats. Lesang de ses martyrs marqua les trois premiers siècles de son existence. Apeine eut-elle converti ses persécuteurs, qu’elle trouva de nouveaux enne-mis dans son propre sein. Les ariens succédèrent aux empereurs idolâtres,pour troubler la paix des enfants de Dieu. C’étaient aussi des sectateursd’Arius, ces barbares qui couvrirent l’Europe de ruines au cinquièmesiècle.
Le premier ordre religieux qui parut, pour combattre tant d’ennemis,fut celui de saint Benoît. Nous avons vus que les bénédictins, nouveauxapôtres, portèrent le flambeau delà foi catholique, aux septième et hui-tième siècles, aux peuples du Nord, qui ne l’avaient pas encore connue,eu qui l’avaient perdue.
De nouveaux ennemis viennent attaquer l’Église aux neuvième etdixième siècles. Ce sont les Normands, qui, pendant soixante ans, dé-solent les côtes occidentales de l’Europe... Enfin l’Église respire un mo-ment. Les Normands, honteux eux-mêmes de leurs brigandages, deman-dent le baptême, et relèvent les ruines encore fumantes des monastèresqu’ils ont détruits. Les dixième et onzième siècles ne présentent plus,dans l’Europe, que des nations à demi barbares, il est vrai, mais au moinssoumises à l’empire de l’Église, et professant toutes les mêmes dogmes.Ce spectacle de tant de peuples rivaux d’intérêts, ennemis même les unsdes autres, et cependant réunis d’opinions, et obéissant à un même chefspirituel, était nouveau dans l’univers, et l’antiquité n’avait jamais montrérien de si auguste.
C’est alors que de nouveaux sectaires vont paraître, et seront les pré-curseurs de nouveaux bouleversements, dont il ne nous est pas encoredonné de prévoir le terme. Les manichéens, terrassés autrefois par saint