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1 (1845)
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DES ORDRES RELIGIEUX.

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Enfin la mère même de Claire se vit entraînée aussi parla grâce, ainsique plusieurs autres personnes de sa famille, qui vinrent soffrir pourpartager la pénitence dont leur jeune parente venait douvrir la carrière.

François, ravi de trouver tant de courage dans une jeune personne dedix-neuf ans, seconda de tout son pouvoir létablissement quelle voulaitfaire, et, en peu de temps, on vit une nouvelle communauté de seizepersonnes, parmi lesquelles sen trouvaient trois dune des plus illus-tres maisons de Florence, dirigée par une jeune fille qui avait à peinevingt ans.

Claire sarrachant à sa famille désolée pour sensevelir dans la retraite,est le type de sainte Chantal marchant 'sur le corps de son fds, couchésur le seuil de sa porte, pour empêcher sa mère dentrer en religion.

De même Claire engageant, par son exemple, sa sœur et sa mère àquitter le monde, a servi de modèle à saint Bernard, entraînant aussi,à vingt-deux ans, six de ses frères et un de ses oncles, à le suivre dansle cloître. Cest ce que le monde appelle du fanatisme, et le chrétienleffet de la grâce.

En peu dannées, le nouvel ordre prit des accroissements considéra-bles. Il eut des monastères dans les principales villes de lItalie et delAllemagne. Une fdle dun roi de Bohême, Agnès, dont nous avonsparlé à propos des croisiers, sy fit elle-même religieuse.

Sainte Claire et ses compagnes pratiquèrent de grandes austérités,qui ne pouvaient manquer daffaiblir leur santé. Saint François et lévê-que dAssise se virent obligés dy mettre des bornes, et de leur pres-crire un régime moins sévère. La vertu dont Claire faisait le plus de casétait la pauvreté. Elle ne voulait rien avoir, et, à la mort de son père,se trouvant héritière dune grande fortune, elle fit tout distribuer auxpauvres, sans retenir rien pour elle, ni pour ses religieuses.

Quoique supérieure, elle servait les autres à table, lavait les piedsdes sœurs converses, quand elles revenaient de la quête, et se chargeaitdu soin des maladies les plus dégoûtantes. Au reste, elle ne faisait rienque daprès lavis de saint François, dont les conseils la dirigeaient entoutes choses.

Cette femme qui avait montré une telle force de caractère, quand onavait voulu la détourner de sa vocation, en donna une nouvelle preuvedans une autre circonstance.