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1 (1845)
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IIISTOIIUÏ ET COSTUMES

tacles quelle pourrait rencontrer; en la quittant, il lengagea à faireses réflexions, et à revenir le voir.

Dans lintervalle, Claire fit part de ses projets à quelques compagnes,à qui elle proposa de se joindre à elle, et, le 18 mars 1212, à lâge dedix-neuf ans, elle quitte furtivement ses parents, et va trouver saintFrançois dans son couvent. Il faut croire quil était prévenu de son ar-rivée, car il vint la recevoir à la porte de son église, à la tête de tousses religieux, qui chantaient le Veni creator. Il lintroduit dans léglise,lui ôte les riches habits dont elle sétait couverte pour la dernière fois,la revêt dun sac, quil attache autour de son corps avec une corde, etil lui coupe les cheveux : après quoi il la place dans un monastère debénédictines qui était dans le voisinage.

Une telle conduite paraîtrait bien singulière de nos jours. « Comment,» dirait-on, excuser un moine qui, abusant de lenthousiasme et de la» simplicité dune jeune fille, larrache à sa famille, sans se mettre en» peine desavoir si ses parents saccommoderont dun pareil esclandre et» sil est permis de pousser à une démarche aussi éclatante unefilleencore» mineure? » Quel beau texte de déclamations, dont sempareraient lesjournaux pour crier au fanatisme! Y aurait-il des épithètes assez odieu-ses pour qualifier laction dun dévot turbulent qui vient troubler lapaix dune famille, et apprend aux enfants à secouer le joug salutairede lautorité paternelle.

Il est bien vrai que la fuite de Claire de chez ses parents souleva deviolentes clameurs contre elle ; mais rien nindique que le blâme en aitrejailli sur saint François.

11 était placé trop haut dans la vénération publique, pour quon osâtle condamner. Cest sur Claire seule que lorage tomba. Tous ceux quisintéressaient à elle vinrent la réclamer dans la maison elle sétaitretirée. Sur son refus de les suivre, ils voulurent lui faire violence, jus-quà lentraîner de force, et larracher de lautel auprès duquel elle sé-tait réfugiée. Rien ne put ébranler sa résolution, et elle résista à tousles efforts que lon fit pour la tirer de léglise. Au contraire, lexemplequelle donnait inspira à sa sœur puînée le désir de la suivre, et Agnèsalla se joindre à sa sœur aînée.

Ce fut le signal dune nouvelle tempête qui séleva de la part de sa fa-mille. Douze hommes allèrent pour arracher, à son tour, Agnès de saretraite, et ils virent de nouveau leurs efforts inutiles.