CLAKISSES ET PÉNITENTS
DU TIERS ORDRE DE SAINT FRANÇOIS.
Les clarisses, comme les franciscains, portent le nom de leur fon-datrice.
Une jeune vierge d’Assise, contemporaine et compatriote de saint Fran-çois, née de parents qui tenaient un rang distingué dans cette ville, futla première femme, et jusqu’ici la seule qui, dans l’Occident, eut l’hon-neur d’instituer un ordre qui porte son nom. Son père s’appelait Fa-vrino Sciffo, et sa mère Hortulane. Elle était l’aînée de deux sœurs,qu’on nommait Agnès et Béatrix.
Elle avait apporté, pour ainsi dire, en naissant un goût irrésistiblepour les œuvres de piété et de miséricorde. On voyait en elle une de cesvocations qui, comme un fleuve majestueux, ne connaissent pas d’ob-stacles, et entraînent tout ce qui s’oppose à leur cours. Ce fut en vainque ses parents lui proposèrent de la marier : elle se sentait appelée àun autre état. Voulant répondre à la grâce dont elle sentait l’impulsion,elle alla consulter saint François, qui habitait la même ville qu’elle, etqui était alors à l’apogée de sa réputation de sainteté. Elle lui demandace qu’elle devait faire.
François, dont toutes les pensées planaient, pour ainsi dire, dans unerégion élevée, d’où il n’apercevait plus la terre et ne voyait que le ciel,ne lui parla que de ce qui l’occupait lui-même, c’est-à-dire, du méprisdu monde, des dangers qu’on y court, et de la folie de ceux qui s’entê-tent à chercher le bonheur ici-bas. Il n’en fallut pas davantage pour en-flammer une jeune personne, dans l’enthousiasme de la vertu, et la por-ter à tout quitter pour se consacrer entièrement à Dieu. Sans doute quele saint lui conseilla d’obéir à sa vocation, comme lui-même avait obéià la sienne, dût-elle se précipiter, tète baissée, à travers tous les obsta-