DES ORDRES RELIGIEUX.
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« Ni Démosthène, ni Cicéron, ni Bossuet, ne remuèrent jamais les» âmes aussi profondément que saint François d’Assise, que saint Antoine» de Padoue. La conversion subite des hommes les plus distingués du» siècle, le renoncement de plusieurs savants à leurs études, après avoir» entendu le premier discours de l’un de ces orateurs religieux.; la sou-» mission avec laquelle des républiques turbulentes leur remettaient la» décision de leurs destinées ; le zèle des soldats, des paysans, qui sui-» vaient leur prédicateur de ville en ville, et jusque dans les déserts, nous» rappellent les prodiges opérés par la poésie d’Orphée, et la puissance» magique du langage sur les Grecs (1). »
François partit donc, avec onze de ses disciples, en 1219, et alla débar-quer à Saint-Jean-d’Acre. De là il alla au camp des croisés, qui faisaientle siège de Damiette, en Égypte. Guillaume I er , comte de Hollande, com-mandait les chrétiens à ce fameux siège, qui dura dix-sept mois, et auquelassistait Henri I er , duc de Brabant. Du camp des croisés, François eut lahardiesse de passer dans celui des Sarrasins, où il se présenta au Soudan,comme l’envoyé de Dieu, pour lui annoncer les vérités chrétiennes. Ceprince mahométan, après l’avoir écouté favorablement, le renvoya avecune bonne escorte, en lui disant de prier Dieu pour lui.
Revenu en Europe, le saint ne s’appliqua plus qu’à consolider sonordre. Mais peu de temps avant sa mort, il reçut une faveur céleste quenous devons rapporter. Il s’était retiré dans une solitude sur le montAlverne pour s’y adonner à la contemplation. « Saint Bonaventure nous» rapporte que là un séraphin, entre les ailes duquel paraissait la figure» d’un homme en croix, lui perça les pieds, les mains et le côté, en sorte» queson corps resta extérieurement marqué d’une parfaite ressemblance» avec un crucifix : événement aussi indubitable qu’extraordinaire, vérifié» des propres yeux du pape Alexandre IV; événement que Fleuri a prouvé» être hors d’atteinte d’une critique équitable (2). »
La relation de ce fait miraculeux a été écrite par saint Bonaventuretrente ans après la mort du saint* époque où il existait encore un grandnombre de témoins qui avaient vu ces sacrés stigmates sur son corps aprèssa mort.
(1) Sismondi, Histoire républiques des italiennes, t. II.
(2) Henrion, Histoire des ordres religieux.