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HISTOIRE ET COSTUMES
sure, quitta son bâton et sa ceinture de cuir, et se revêtit d’un habitpauvre, qu’il lia avec une corde. Cet habit était celui des bergers et despauvres paysans de ce canton de l’Italie. Dans la suite, on ajouta à cetaccoutrement un petit manteau et un capuce : voilà quel fut le premiercostume des franciscains.
Non content de se livrer aux actes de la piété la plus fervente, et deservir les pauvres dans les hôpitaux, François se mita exhorter les peuplesà faire pénitence et à pratiquer les vertus chrétiennes. Ses discours et sesactions commencèrent à lui attirer l’admiration publique, et du mépris onpassa à la plus profonde vénération pour lui. Il lui vint quelques disciples,qui demandèrent à partager ses travaux et à suivre ses exemples, et enpeu de temps, François se vit à la tête de cent vingt-sept disciples (1).
C’est alors qu’il leur donna une règle bien simple, et qui n’était qu’unrecueil des meilleures maximes de l’Évangile. Il y ajouta quelques dispo-sitions particulières, comme l’obligation de mendier, de travailler desmains, de ne pas recevoir d’argent, mais seulement ce qui était nécessairepour vivre, et de ne jamais prêcher qu’avec l’autorisation des évêques.
Jusque-là les nouveaux apôtres n’avaient encore aucun domicile. Desbénédictins leur donnèrent alors une petite église, qu’on appelait de laPortioncule, pour y faire l’office, et ils s’y construisirent quelques habi-tations.
11 donna à ses disciples le nom de frères mineurs, par humilité, voulantqu’ils se regardassent comme les derniers des hommes.
Enfin, en 1219, le nouvel ordre était déjà si nombreux, que, dans unchapitre général, qui fut assemblé à la Portioncule, il s’y trouva cinqmille religieux.
Après cette réunion, François envoya de ses disciples prêcher en Grèce,en Afrique, en France et en Angleterre, où ils produisirent de grandsfruits. Pour lui, il se réserva la mission de Syrie et d’Égypte, espérant ytrouver la couronne du martyre.
Il fallait que la parole de ces hommes simples fût bien puissante pouropérer de tels effets. Voici le témoignage qu’en rend un historien protes-tant moderne :
(1) Les deux premiers furent un riche bourgeois d’Assîse, et un chanoine de la cathédralede la même ville.