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1 (1845)
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DES ORDRES RELIGIEUX.

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Dégoûtée du monde, il ne se plaisait plus que dans la solitude. Il visitaitles hôpitaux, y pansait les malades, se mêlait aux pauvres quil rencon-trait, leur donnait tout largent quil avait sur lui, et souvent ses propreshabits.

Étant un jour entré dans une église voisine dAssise, il fut tellementtouché de létat de délabrement dans lequel il la trouva, quil alla prendrequelques pièces détoffe dans les magasins de son père, les vendit et enapporta largent au prêtre qui desservait cette église. Celui-ci le refusa dansla crainte de se faire de mauvaises affaires avec le père du jeune homme.Mais Bernardon, apprenant ce qui se passait, courut avec quelques amis,pour ramener son fils, qui ne voulait plus quitter le prêtre. François,voyant arriver son père, senfuit et se cacha pendant quelques jours. Maisbientôt il revint chez son père, qui le reçut fort mal et lenferma chez luicomme un fou.

François avait alors vingt-cinq ans, et, favorisé par sa mère, il trouvamoyen de recouvrer sa liberté, et senfuit de chez son père pour retournerà léglise, dont nous avons parlé. Son père alla ly retrouver; mais Fran-çois lui déclara que son parti était pris et quil souffrirait tout plutôt quede consentir à rester dans le monde.

Bernardon, voyant son fils inébranlable dans sa résolution, voulut aumoins quil lui fit une cession de tous les droits quil avait à sa succession.Son fils ne demanda pas mieux. Lacte en fut passé en présence de lévêquedAssise. Il alla même jusquà remettre à son père les habits quil portait,en lui disant : « Jusquici vous avez été mon père; désormais je nen aurai» plus dautre que Dieu même, et je pourrai dire à juste titre : Notre père,» qui êtes aux cieux. » Lévêque lui donna par pitié un vieux manteauquil trouva chez lui, et François sen revêtit, en lui témoignant sa recon-naissance.

Dès ce moment, il ne mena plus quune vie errante, demandant lau-mône , un bâton à la main.

Quelques années après il reparut à Assise; mais partout il fut bafouépar ses proches et ses anciens amis, comme un insensé.

Ayant un jour entendu chanter à léglise ces paroles de lévangile desaint Matthieu : « Ne portez ni or, ni argent, ni provisions pour le voyage,» ni deux vêtements, ni souliers, ni bâton, » il résolut de suivre ce con-seil à la lettre. Il jeta aussitôt tout largent quil avait sur lui, ôta sa chaus-