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1 (1845)
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170
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HISTOIRE ET COSTUMES

Le fondateur de cet institut sappelait Jean Bernardon.

Il naquit à Assise, ville de lOmbrie, en 1182, dun riche marchand decette ville. On sait quà cette époque, une grande partie des villes dItaliedéployaient une grande activité dans le commerce. Cétait avec les Pays-Baset la France quelles avaient le plus de relations. Aussi le père de JeanBernardon, tout occupé de ses affaires temporelles, avait-il eu soin defaire apprendre à son fds, avec toute la perfection possible, la languefrançaise nécessaire au genre de vie auquel il le destinait. Jean vint à boutde se rendre si habile à parler cet idiome, quon lui donna le surnom deFrançois. Peut-être était-ce ainsi quon prononçait alors le nom des habi-tants de la France.

Quoiquil en soit, le surnom de François fit oublier le nom de Bernar-don, et cest sous le premier que le fils du marchand dAssise a passé à lapostérité. Mais ce ne peut être que par une anomalie, quon rencontre dansplus dune langue, que les premiers qui ont traduit en latin le mot deFrançois, aient écrit Francisais, au lieu de Francus.

François, fils dun père dur et avare, avait les deux qualités opposées.Il était doux et généreux, et la bonté de son caractère le rendait cher àtous ses compatriotes.

Du reste, tout occupé de son commerce et des plaisirs qui enchantentla jeunesse, le jeune François ne se sentait encore aucun attrait pour ladévotion. Il prenait part à toutes les dissensions qui agitaient alors lesvilles dItalie, qui, étant presque toutes des républiques turbulentes,étaient sans cesse en guerre les unes contre les autres. Les habitantsdAssise ayant eu des démêlés avec ceux de Pérouse, il marcha contre lesPérousins avec ses compatriotes, et il fut fait prisonnier.

Il ne recouvra la liberté quun an après; mais, de retour chez sesparents, il y fut attaqué dune maladie grave, qui le conduisit aux portesdu tombeau. Cependant, sa jeunesse et son tempérament prirent le dessus,et il guérit.

Un jour que, vêtu avec la plus grande élégance, il traversait à chevalune plaine voisine dAssise, il rencontra un pauvre gentilhomme, qui luiparut dans le plus grand dénûment. François, naturellement bon, sedépouille de ses habits en faveur de ce malheureux, et prend ses haillonsen échange. Cet acte de vertu produisit en lui une espèce de révolution etcommença à changer lordre de ses idées.