FRANCISCAINS.
Vers la fin du douzième siècle, les sectaires d’alors, connus sous lesnoms de Vaudois, Cathares, Albigeois,etc., ne cessaient d’invectiver contrele clergé et les moines, leur reprochant leurs mœurs et leurs richesses.
Qu’en est-il arrivé? Deux ordres nouveaux apparurent tout à coup, et,pour faire voir de quoi étaient capables les ministres de la religion, ilsdirent à leurs ennemis :
« Vous ne nous reprocherez plus nos richesses, notre luxe et nos mœurs» relâchées. Nous ne voulons plus rien avoir. Nous renonçons à toute pro-b priété. Nous marcherons nu-pieds, un bâton à la main, à peine vêtusb et ceints d’une grosse corde. Nous mangerons ce qu’on voudra bienb nous donner, et nous suivrons à la lettre l'ordre du Sauveur, qui a ditb qu’il ne fallait s’inquiéter ni de son vêtement, ni des aliments néces-b saires à la vie. Qu’aurez-vous à dire alors, et trouverez-vous encoreb matière à gloser sur notre compte? b
Voilà ce qu’ont répondu les frères mineurs et prêcheurs aux déclama-tions et aux invectives des Albigeois, etc.
Le douzième siècle a donc amené une nouvelle ère dans l’Église, etopéré, pour ainsi dire, une révolution dans l’ordre monastique.
Jusque-là on avait vu se former des établissements religieux sous lenom d’abbayes, et gouvernés par des abbés. D’abord pauvres, puis labo-rieux par nécessité, ils finissaient par devenir très-riches.
Au lieu d’abbayes, nous allons voir s’élever des couvents, gouvernespar des chefs désignés par de nouveaux noms, tels que gardiens, minis-tres, etc. Au lieu de moines opulents, nous aurons sous les yeux desmoines mendiants, se dévouant à une pauvreté complète.
Le premier ordre qui parut sous cette bannière fut celui de saintFrançois.