DES ORDRES RELIGIEUX.
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laume quitta la Sicile, pour aller retrouver ses anciens frères du Mont-Vierge, qu’il n’avait pas vus depuis si longtemps. Il resta quelque tempsavec eux, et se retira à Guglieto, où il mourut, en 1142, douze ansavant Roger. Il laissa pour successeur et second général de son ordre, leB. Albert, qui l’avait remplacé, en premier lieu, dans le gouvernement dumonastère du Mont-Vierge.
A Albert, mort en 1149, succéda Robert qui adoucit les austérités pré-cédentes, et par l’autorité du pape Alexandre III, soumit l’ordre entier àla règle de saint Benoît.
Il se trouve ici une nouvelle conformité entre Guillaume et Bruno. Cedernier s’était reposé sur ses successeurs du soin de tracer une règle àson ordre : nous l’avons vu. Il en fut de même de saint Guillaume, quin’avait pas laissé par écrit la manière dont son ordre devait être gouverné.
Le Monte- Vergine est fort élevé et toujours couvert de neiges. Il estsitué entre Noie et Bénévent. L’abbaye est. bâtie à mi-côte. La températurede ce lieu est singulière. On dit que du moment qu’on essaye d’y porterdes viandes, ou toute autre substance d’une nature grasse, il s’élève unetempête et que le tonnerre gronde : ce qui prive les religieux de l’usage dela chair, des œufs, du laitage et du fromage. Il y fait un froid extrême,qui oblige quelquefois d’y allumer du feu aux mois de juillet et d’août. Dureste il s’y trouve plusieurs sources d’eau, des prairies et même des en-droits où l’on récolte du blé et de l’avoine.
La singularité du phénomène que nous venons de signaler est attestéepar un document authentique du cardinal des Ursins, archevêque deBénévent, de l’an 1708, qu’Hélyot cite textuellement .
Cette congrégation a essuyé autant de vicissitudes que celle du Mont-Cassin.
La régularité se maintint dans le chef-lieu jusqu’au dix-huitième abbégénéral. Mais alors la division s’y mit, et chaque monastère se gouverna àsa manière par des doyens sans reconnaître un chef supérieur de toutela congrégation. Le pape Clément Vf, résidant à Avignon, leur donnad’autorité un abbé général qui le fut pendant quarante ans, après quoil’abbaye du Mont-Vierge fut mise en commende. L’abbé commendataire,qui fut le cardinal d’Aragon, neveu du roi de Naples, résigna ce bénéficeentre les mains de Léon X, qui, en 1415, en fit présent à l’hôpital del’Annonciade, à Naples, soumis à l’administration de quelques gentils-