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HISTOIRE ET COSTUMES
été suivi de cinq, qui ne voulurent pas le quitter. Avec leur concours, ilfonda plusieurs autres monastères, tant pour hommes que pour femmes.11 établit dans ces maisons la même discipline qu’au Monte Vergine. Lesreligieuses de son ordre observaient un régime très-sévère, s’abstenaientde viandes et de l’usage du vin, même dans les maladies. Elles n’avaientle plus souvent pour nourriture que du pain et des herbes crues, mêmeen petite quantité. Elles observaient deux carêmes par an, où elles jeûnaientau pain et à l’eau.
Les deux premiers monastères qu’il fonda après celui du Mont-Vierge,furent à Guglieto. Ils étaient voisins l’un de l’autre, et avaient une églisecommune. L’un contenait des hommes, l’autre des femmes, tous soumisau même régime et aux mêmes austérités. Ces deux maisons devinrent parla suite très-riches et eurent jusqu’à 20,000 ducats de rente.
Le roi de Naples à cette époque était Roger, fds du comte de Calabre,qui avait accueilli saint Bruno dans ses États. C’est lui qui avait fondé leroyaume de Naples sous le nom de Roger II, prince valeureux et ayant lesqualités nécessaires pour fonder une monarchie (I).
L’estime que son père avait eue pour saint Rruno, Roger l’eut poursaint Guillaume. 11 favorisa le zèle du saint fondateur, et fit élever à sesfrais, dans ses États, un grand nombre de monastères de son ordre, dontle premier fut à Palerme, vis-à-vis le palais qu’il habitait lui-même. Il fitrecevoir dans un autre, qu’il fit bâtir dans la même ville, une de ses filles,la princesse Constance (2), mais qui fut relevée de ses vœux, dans la suite,parle pape Célestin II!, pour épouser l’empereur Henri VI,fils de FrédéricBarberousse. Il en fit construire encore d’autres, tant à Messine qu’àVenosa. Ce dernier, dit Helyot, eut pour supérieure une ancienne cour-tisane, nommée Agnès, que le saint avait convertie. Enfin on fait monterà cinquante le nombre des monastères de filles dont Guillaume fut lefondateur.
Après un séjour assez long dans son monastère de Palerme, saint Guil-
(1) Roger eut la gloire de battre les armées de l’empereur grec de Constantinople, tant surmer que sur terre, et de s’emparer de quelques villes sur les côtes d’Afrique. Il avait fait graversur la lame de son épée cette Gère inscription :
« Âpulus et Calaber, Siculus mihi servi et Afier. »
(2) La biographie de Feller (Paris 1834), appelle cette princesse fille posthume de Roger.C’est encore une de ces mille et une inexactitudes qui fourmillent dans ces sortes d’ouvrages.