DES ORDRES RELIGIEUX.
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l’Église se trouvait intéressée se faisait sous l’étendard de la croix. Onavait prêché la croisade contre les Turcs et les Sarrasins de la Syrie etde l’Égypte. On l’avait aussi prêchée contre les Mores d’Espagne. C’étaientaussi des croisés qu’on envoyait contre les Albigeois, comme on en envoyadepuis contre les fanatiques des environs de Brême, les Stadings, clcontre les sauvages de la Prusse. Tant que les hérétiques n’avaient fait quedogmatiser, on s’était contenté de tenir contre eux des conciles pour lesconvaincre par le raisonnement. Mais quand les ennemis de l’Églisevinrent l’attaquer, les armes ou la torche à la main, il fallut bien leuropposer les mêmes moyens. Dans les premiers temps du christianisme,les hérésies ne produisaient que des schismes : .plus tard, elles ont pro-duit des révolutions. Nos opinions modernes, sur la liberté que chacun ade penser à sa manière, n’entraient guère dans la tête de nos pères.L’unité de croyance religieuse, qui fut le caractère distinctif du moyenâge, et épargna peut-être quelques calamités à ces siècles déjà si malheu-reux, leur paraissait d’un prix trop élevé pour qu’ils ne réunissent pastoutes leurs forces contre tout ce qui pouvait y porter atteinte.
De retour à Liège, en 1211, et trouvant ses quatre amis décidés à seconsacrer entièrement à Dieu, et à renoncer au monde, Théodore de Cellesen parla à son évêque, Hugues de Pierre-Pont, qui applaudit à son projet,et lui donna une église voisine de Tïuy, située dans un lieu qu’on appelaitClairtieu. C’est en cet endroit qu’il s’établit avec ses compagnons, et jetales fondements de l’ordre de la Sainte-Croix, qui de là se répandit dansles Pays-Bas et en France. C’étaient des chanoines réguliers de l’ordre desaint Augustin, dont ils embrassèrent la règle. Comme ils avaient renoncéà leurs biens, l’évêque de Pierre-Pont chargea, par son testament, sonsuccesseur, Jean d’Appia, ou Deppes, de fournir à l’entretien de ces reli-gieux. Les donations qu’ils reçurent dans la suite leur procurèrent lesmoyens de vivre dans l’aisance, et de se construire un monastère somp-tueux, qui devint le chef-lieu de l’ordre et la résidence du général. Le Pèrede Celles alla à Borne pour demander au pape Honorius III la confirmationde son ordre, dont il fut le premier général. Les croisiers des Pays-Bas,d’après l’exemple de leur fondateur, allèrent se joindre à saint Dominique,pour travailler avec lui à la conversion des Albigeois, et empruntèrentplusieurs des constitutions et des usages des dominicains, dont ils avaientpartagé les travaux. Le P. Théodore mourut vers 1246, âgé de quatre-