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1 (1845)
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149
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DES ORDRES RELIGIEUX.

IR)

lÉglise se trouvait intéressée se faisait sous létendard de la croix. Onavait prêché la croisade contre les Turcs et les Sarrasins de la Syrie etde lÉgypte. On lavait aussi prêchée contre les Mores dEspagne. Cétaientaussi des croisés quon envoyait contre les Albigeois, comme on en envoyadepuis contre les fanatiques des environs de Brême, les Stadings, clcontre les sauvages de la Prusse. Tant que les hérétiques navaient fait quedogmatiser, on sétait contenté de tenir contre eux des conciles pour lesconvaincre par le raisonnement. Mais quand les ennemis de lÉglisevinrent lattaquer, les armes ou la torche à la main, il fallut bien leuropposer les mêmes moyens. Dans les premiers temps du christianisme,les hérésies ne produisaient que des schismes : .plus tard, elles ont pro-duit des révolutions. Nos opinions modernes, sur la liberté que chacun ade penser à sa manière, nentraient guère dans la tête de nos pères.Lunité de croyance religieuse, qui fut le caractère distinctif du moyenâge, et épargna peut-être quelques calamités à ces siècles déjà si malheu-reux, leur paraissait dun prix trop élevé pour quils ne réunissent pastoutes leurs forces contre tout ce qui pouvait y porter atteinte.

De retour à Liège, en 1211, et trouvant ses quatre amis décidés à seconsacrer entièrement à Dieu, et à renoncer au monde, Théodore de Cellesen parla à son évêque, Hugues de Pierre-Pont, qui applaudit à son projet,et lui donna une église voisine de Tïuy, située dans un lieu quon appelaitClairtieu. Cest en cet endroit quil sétablit avec ses compagnons, et jetales fondements de lordre de la Sainte-Croix, qui de se répandit dansles Pays-Bas et en France. Cétaient des chanoines réguliers de lordre desaint Augustin, dont ils embrassèrent la règle. Comme ils avaient renoncéà leurs biens, lévêque de Pierre-Pont chargea, par son testament, sonsuccesseur, Jean dAppia, ou Deppes, de fournir à lentretien de ces reli-gieux. Les donations quils reçurent dans la suite leur procurèrent lesmoyens de vivre dans laisance, et de se construire un monastère somp-tueux, qui devint le chef-lieu de lordre et la résidence du général. Le Pèrede Celles alla à Borne pour demander au pape Honorius III la confirmationde son ordre, dont il fut le premier général. Les croisiers des Pays-Bas,daprès lexemple de leur fondateur, allèrent se joindre à saint Dominique,pour travailler avec lui à la conversion des Albigeois, et empruntèrentplusieurs des constitutions et des usages des dominicains, dont ils avaientpartagé les travaux. Le P. Théodore mourut vers 1246, âgé de quatre-