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1 (1845)
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142
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HISTOIRE ET COSTUMES

Ui

A peine y ful-il connu, quil lui arriva de tous côtés des sujets quidemandèrent à être reçus pour vivre sous sa conduite. Il lui en vint mêmede labbaye de Saint-Miniat, de ses anciens frères.

Cest toujours un objet détonnement que dans un siècle comme celui-,, comme nous lavons dit, les scandales étaient si grands et lesmœurs si dépravées, on vit tant dhommes accourir pour remplir les cloî-tres et se dévouer aux vertus les plus sublimes.

On en dira peut-être, dans les temps à venir, autant du siècle nousvivons. Quand on lira quau dix-neuvième siècle un débordement généralderreurs de toute espèce, un déluge décrits impies, ou immoraux, menaçaitdun affreux naufrage le vaisseau de lÉglise catholique, et que cependant cesiècle a vu renaître beaucoup danciens ordres religieux qni paraissaientanéantis, en même temps que de nouveaux se formaient, comme par en-chantement, pour ramener les hommes à la vertu, et opposer une digue auxmauvaises doctrines, on sera forcé de reconnaître la vérité des oracles deJésus-Christ, qui a dit que sa religion était impérissable, et résisteraittoujours aux efforts de lenfer déchaîné contre elle.

Gualbert habilla ses religieux dune étoffe grise, ce qui leur fit donner lenom de moines gris. Mais après lui, ils adoptèrent la couleur tannée, avecun scapulaire blanc. Ils eurent pour règle celle de saint Benoît.

Les donations affluèrent de toutes parts pour soutenir cette commu-nauté naissante; mais pour ne pas avoir à soccuper trop dintérêts tempo-rels, Jean Gualbert adopta un mode nouveau dans lordre monastique.Ce fut dadmettre, dans ses établissements, ce quon appela dans la suitedes frères convers, qui formaient dans chaque maison une classe parti-culière. Ils nétaient pas astreints à la règle comme les religieux, nallaient,pas au chœur, mais ils étaient chargés dune partie du service du monas-tère, et géraient les affaires temporelles. Ils étaient distingués par un

demande à l 'esprit de lhomme ce qui a pu le conduire sur ces rimes glacées, et il y répondlui-même par ces vers :

« Ce furent ces forêts, ces ténèbres, cette onde,

, » Et ces arbres sans date, et ces rocs immortels,

» Et cet instinct sacré qui cherche un nouveau monde» Loin des sentiers battus que foulent les mortels. »

Sans doute la rime mortels et immortels est très-riche : mais est-elle admise ? Cest uneautre question.