HISTOIRE ET COSTUMES
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A peine y ful-il connu, qu’il lui arriva de tous côtés des sujets quidemandèrent à être reçus pour vivre sous sa conduite. Il lui en vint mêmede l’abbaye de Saint-Miniat, de ses anciens frères.
C’est toujours un objet d’étonnement que dans un siècle comme celui-là, où, comme nous l’avons dit, les scandales étaient si grands et lesmœurs si dépravées, on vit tant d’hommes accourir pour remplir les cloî-tres et se dévouer aux vertus les plus sublimes.
On en dira peut-être, dans les temps à venir, autant du siècle où nousvivons. Quand on lira qu’au dix-neuvième siècle un débordement générald’erreurs de toute espèce, un déluge d’écrits impies, ou immoraux, menaçaitd’un affreux naufrage le vaisseau de l’Église catholique, et que cependant cesiècle a vu renaître beaucoup d’anciens ordres religieux qni paraissaientanéantis, en même temps que de nouveaux se formaient, comme par en-chantement, pour ramener les hommes à la vertu, et opposer une digue auxmauvaises doctrines, on sera forcé de reconnaître la vérité des oracles deJésus-Christ, qui a dit que sa religion était impérissable, et résisteraittoujours aux efforts de l’enfer déchaîné contre elle.
Gualbert habilla ses religieux d’une étoffe grise, ce qui leur fit donner lenom de moines gris. Mais après lui, ils adoptèrent la couleur tannée, avecun scapulaire blanc. Ils eurent pour règle celle de saint Benoît.
Les donations affluèrent de toutes parts pour soutenir cette commu-nauté naissante; mais pour ne pas avoir à s’occuper trop d’intérêts tempo-rels, Jean Gualbert adopta un mode nouveau dans l’ordre monastique.Ce fut d’admettre, dans ses établissements, ce qu’on appela dans la suitedes frères convers, qui formaient dans chaque maison une classe parti-culière. Ils n’étaient pas astreints à la règle comme les religieux, n’allaient,pas au chœur, mais ils étaient chargés d’une partie du service du monas-tère, et géraient les affaires temporelles. Ils étaient distingués par un
demande à l 'esprit de l’homme ce qui a pu le conduire sur ces rimes glacées, et il y répondlui-même par ces vers :
« Ce furent ces forêts, ces ténèbres, cette onde,
, » Et ces arbres sans date, et ces rocs immortels,
» Et cet instinct sacré qui cherche un nouveau monde» Loin des sentiers battus que foulent les mortels. »
Sans doute la rime mortels et immortels est très-riche : mais est-elle admise ? C’est uneautre question.