HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX.
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péri de la main d’un ennemi. Jean avait juré de venger sa mort et d’im-moler le meurtrier de ce parent. L’occasion ne tarda pas à s’offrir poursatisfaire sa vengeance.
Un jour de vendredi saint, il rencontre dans un chemin creux et étroitson ennemi qui ne peut lui échapper. Il tire l’épée et va fondre sur lui.Mais dans l’instant celui-ci se jette à ses genoux, étend les bras en croix,et lui demande la vie au nom d’un Dieu mort à pareil jour pour tous leshommes. La posture suppliante de son ennemi désarme Jean Gualbert, et,au lieu de le percer, il se jette dans ses bras et l’embrasse comme son amien lui disant qu’il lui pardonne.
Jean, changé tout à coup, retourne à Florence, et trouvant sur son che-min un monastère, il y entre et demande à être reçu au nombre des moines.C’est en vain que les religieux refusent de l’admettre parmi eux, craignantque son père, qui leur était bien connu, ne les fît repentir de l’avoirprivé de son fils; îl tâche de trouver lui-même un habit monacal et s’enrevêt. Son père en est instruit, s’y oppose, mais enfin il se rend, et laisseson fils suivre sa nouvelle vocation.
Gualbert fit en peu de temps des progrès si rapides dans la vie reli-gieuse, que, devenu l’exemple de tous ses frères, ils le jugèrent digne deremplacer leur abbé qui venait de mourir. Il s’en défendit, et ne trouvantpas la règle de sa communauté assez sévère, il quitta l’abbaye de Saint-Miniat avec un autre moine, et alla essayer s’il ne trouverait pas à Camal-doli un genre de vie plus parfait.
Le prieur de ce monastère, le même qui y avait été établi par saintRomuald, voulait l’y retenir et l’engager à prendre les ordres; mais aprèsun séjour assez court, au lieu de la vie érémilique qu’on y menait, ilpréféra embrasser la vie cénobitique. Il se mit donc à la recherche d’unlieu propre à son dessein. Il le trouva à quelques lieues de Florence, dansune vallée des Appenins. Cette gorge, nommée Acqua-Bella, était om-bragée par une forêt de sapins, et à cause de cela fut appelée Vallis om-brosa (Vallombreuse). C’est là qu’en l’an 1038, ou à peu près, Gualbertjeta les fondements de son ordre (I).
(U M. de Lamartine intitule une de ses harmonies religieuses : Vallée de Vallombreuse.Il eût pu y mettre le nom de toute autre maison établie sur les montagnes d’Italie. Il y