DES ORDRES RELIGIEUX.
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des monastères, à Perco, près de Ravenne, à Bifolco, à Val de Caslro, àOrvielle, etc. Il visitait ces maisons les unes après les autres, et tâchait d'ymaintenir l’ordre et les observances qu’il y avait établies.
Nous voilà enfin arrivés à l’an 10 P2, époque de la fondation de l’ordre,qui est son propre ouvrage.
Fatigué de lutter contre le penchant qu’avaient les moines au relâche-ment, il s’était retiré, de sa personne, sur le mont Apennin, dans un lieusolitaire, arrosé de sept fontaines, et qu’on appelait Camaldoli.
Ce lieu lui plut et lui inspira la pensée d’y fonder un nouvel ordre, quine serait plus celui de saint Benoît, et aurait son type particulier.
Il commença par y construire cinq cellules séparées les unes des autres,sur un terrain escarpé, comme fit saint Bruno, dans le siècle suivant, à laGrande Chartreuse. 11 donna aux religieux qu’il y reçut, l’habit blanc.Chacun d’eux avait sa cellule particulière, d’où il se rendait à l’église,pour y faire tous ensemble l’office sans chant, mais par une simple psal-modie.
Parmi ses religieux, quelques-uns ne sortaient jamais de leurs cellulesoù ils étaient reclus. Ils faisaient deux carêmes, d’autres trois pendantl’année, jeûnaient au pain et à l’eau, ne mangeaient jamais de viande, etgardaient un silence continuel. Pendant les carêmes, ils ne quittaient pasleurs cellules, pas même pour aller à l’église, et prenaient leurs repas enparticulier, sans quitter leur solitude. Cette clôture était même si rigou-reuse, qu’il n’y avait que les religieux, dont les cellules tenaient à l’église,qui y entrassent pour faire l’office pendant le carême. Le chef-lieu de sonordre étant ainsi établi, il y mit pour le diriger un homme rempli de sonesprit, et alla lui-même se retirer à Sasso-Ferrato, dans l’Ombrie. Il ypassa sept ans, renfermé et dans un silence continuel. Les moines quivinrent se joindre à lui dans ce lieu poussèrent aux derniers excès lesaustérités dont il leur donnait l’exemple. Mais sa destinée étant de trouvertoujours de mauvais sujets parmi ses disciples, il y en eut quelques-unsqui l’accusèrent d’un péché d’impureté, et poussèrent l’insolence jusqu’àlui défendre de dire la messe. Au lieu de se disculper, il cul la simplicitéd’accepter cette pénitence et de s’abstenir pendant six mois de célébrerles saints mystères, après quoi il alla se retirer à Bifolco, un de ses anciensmonastères.
C’est là que l’empereur saint Henri, qui était venu en Italie, l’envoya