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HISTOIRE ET COSTUMES
résolurent de s’y opposer, et plutôt que de laisser partir un si saint per-sonnage, ils complotèrent de le tuer, pour être sûrs au moins de conser-ver ses reliques Romuald ne vit pas d’autre moyen, pour leur échapper,que de contrefaire le fou, comme David l’avait fait lui-même, pour setirer des mains d’Achis, roi de Getli. Cette ruse lui réussit , on l’oublia etil put s’évader.
Après un long voyage qu’il avait fait à pied, seul, un bâton à la main,il alla trouver son père, qui persistait à vouloir quitter l’état monastiquedont il se sentait dégoûté. Pour l’en empêcher, Romuald le lit mettre enprison, le condamna à de grandes mortifications, et à force de tourmentset d’exhortations, il lui ôta de la tête l’idée de quitter le froc. Son pèreresta donc dans son monastère, où il mourut saintement (1).
Cette affaire terminée, Romuald retourna à son ancien monastère deClasse.
Il'n’y fut pas longtemps et en sortit pour aller former un autre établis-sement; mais les moines qu’il y avait réunis l’ayant maltraité, il fut obligéde les quitter, et alla vivre en ermite sur une montagne dans le duchéd’Urbin, d’où l’empereur O thon III l’appela pour réformer l’abbaye deClasse. C’était donc la troisième fois qu’on le revoyait dans ce monastère.11 voulut y rétablir les observances régulières, mais il ne put y réussir, etil alla au camp de l’empereur, qui faisait le siège de Tivoli, déposer à sespieds, et à ceux de l’archevêque de Ravenne, son bâton pastoral.
L’empereur, plein de vénération pour lui, lui demanda des mission-naires pour les envoyer en Pologne convertir les peuples qui étaientencore païens, il lui en donna deux, dont un y souffrit le martyre. Peuaprès, il partit lui-même avec vingt-quatre autres, dont deux avaient étésacrés archevêques ; mais il fut obligé de revenir à cause de sa santé. Iln’y eut que quinze de ces missionnaires qui purent pénétrer dans cescontrées encore barbares, où ils eurent beaucoup à souffrir de la part deshabitants.
Ne pouvant aller chercher le martyre hors de son pays, il s’en consolaen faisant de son mieux le bien dans l’Italie. C’est alors qu’on le vit élever
(1) Ces pieux Catalans, qui veulent tuer un saint pour avoir ses reliques, et ce fils quienferme et bat son père pour le forcer à se faire moine, indiquent un autre ordre d’idées queles nôtres.