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1 (1845)
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136
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IÔG

HISTOIRE ET COSTUMES

résolurent de sy opposer, et plutôt que de laisser partir un si saint per-sonnage, ils complotèrent de le tuer, pour être sûrs au moins de conser-ver ses reliques Romuald ne vit pas dautre moyen, pour leur échapper,que de contrefaire le fou, comme David lavait fait lui-même, pour setirer des mains dAchis, roi de Getli. Cette ruse lui réussit , on loublia etil put sévader.

Après un long voyage quil avait fait à pied, seul, un bâton à la main,il alla trouver son père, qui persistait à vouloir quitter létat monastiquedont il se sentait dégoûté. Pour len empêcher, Romuald le lit mettre enprison, le condamna à de grandes mortifications, et à force de tourmentset dexhortations, il lui ôta de la tête lidée de quitter le froc. Son pèreresta donc dans son monastère, il mourut saintement (1).

Cette affaire terminée, Romuald retourna à son ancien monastère deClasse.

Il'ny fut pas longtemps et en sortit pour aller former un autre établis-sement; mais les moines quil y avait réunis layant maltraité, il fut obligéde les quitter, et alla vivre en ermite sur une montagne dans le duchédUrbin, d lempereur O thon III lappela pour réformer labbaye deClasse. Cétait donc la troisième fois quon le revoyait dans ce monastère.11 voulut y rétablir les observances régulières, mais il ne put y réussir, etil alla au camp de lempereur, qui faisait le siège de Tivoli, déposer à sespieds, et à ceux de larchevêque de Ravenne, son bâton pastoral.

Lempereur, plein de vénération pour lui, lui demanda des mission-naires pour les envoyer en Pologne convertir les peuples qui étaientencore païens, il lui en donna deux, dont un y souffrit le martyre. Peuaprès, il partit lui-même avec vingt-quatre autres, dont deux avaient étésacrés archevêques ; mais il fut obligé de revenir à cause de sa santé. Ilny eut que quinze de ces missionnaires qui purent pénétrer dans cescontrées encore barbares, ils eurent beaucoup à souffrir de la part deshabitants.

Ne pouvant aller chercher le martyre hors de son pays, il sen consolaen faisant de son mieux le bien dans lItalie. Cest alors quon le vit élever

(1) Ces pieux Catalans, qui veulent tuer un saint pour avoir ses reliques, et ce fils quienferme et bat son père pour le forcer à se faire moine, indiquent un autre ordre didées queles nôtres.