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1 (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES

Son père, qui se nommait Serge, homme du monde et qui en avaittous les préjugés, était en procès avec un de ses parents pour une affairedintérêt. Au lieu de demander et dattendre une décision juridique, illui parut plus commode, et surtout plus expéditif, de proposer un cartelà son adversaire, et il voulut que son fds, qui navait que vingt ans, luiservît de témoin. Le jeune Romuald, quoique à regret, se vit obligé dac-cepter ce triste rôle, et il vit avec horreur son père donner la mort à sonparent.

A cet affreux spectacle, se regardant comme complice de ce crime, ilsenfuit dans le monastère de Classe, de lordre de saint Benoît, près deRavenne, pour y faire pénitence du meurtre auquel il croyait avoir par-ticipé. Cette pénitence devait durer quarante jours.

Le P. Hélyot se trompe en disant que cest au Mont-Cassin que Ro-muald alla senfermer. Cet écrivain devait voir lui-même que ce quil ditdune vision de saint Apollinaire ne pouvait pas avoir eu lieu au Mont-Cassin, mais plutôt au monastère de Classe, qui portait le nom de saintApollinaire, premier évêque de Ravenne.

Romuald trouva dans cette maison un bon religieux qui sempara delui et lui persuada de prendre lhabit monastique, ce à quoi il se décidaaprès bien des irrésolutions. Mais il lui arriva ce qui était arrivé à saintBenoît lui-même. Les moines ses confrères trouvèrent que sa ferveurfaisait la censure de leur peu de régularité, et ils voulaient le tuer. Il lesut davance et se sauva à Venise.

Il apprit quil y avait aux environs un bon ermite, nommé Marin,homme simple, mais singulier. Il lalla trouver et le pria de le dirigerdans les voies de la perfection religieuse.

Marin était un homme illettré, sans éducation et dont les manièresbrusques ne manquaient pas de ridicu'e. Romuald, qui était dune hu-meur gaie, amusa souvent, dans un âge plus avancé, ses disciples durécit des bizarreries du vieux ermite Marin, quil avait eu pour maîtredans sa jeunesse.

Le bonhomme Marin le menait dans les bois, et se mettait à chanterpar cœur un bon nombre de psaumes. Si Romuald, dont la mé-moire nétait pas encore aussi meublée que celle de son maître, nepouvait pas lui répondre, il lui donnait quelques coups de baguette surloreille gauche, el quand cette oreille était trop fatiguée, il frappait