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1 (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES

mœurs. Les évêques examinèrent à part la conduite de leurs chanoines,sinformèrent sils vivaient daprès les canons, tandis que les abbés, deleur côté, interrogèrent séparément les moines, pour savoir sils suivaientexactement la règle de saint Benoît.

11 paraît qualors les religieux de quelques monastères, trouvant la viedes chanoines plus douce que la leur, avaient abandonné la règle de saintBenoît pour suivre la vie simplement canonique des chanoines; ce qua-vaient imité quelques religieuses : abus contre lequel sélève un concilede Châlons-sur-Saône, de lan 813, qui, en parlant de ces religieuses, lesappelle Sanctimoniàles quæ se canonicas vocant ; cest la première foisquon trouve ce nom de chanoinesses dans les documents de ce siècle :daprès quoi on devrait regarder lexistence des chanoinesses comme unrelâchement introduit dans lordre religieux.

Un concile assemblé à Mayence, à la même époque, signale cette diffé-rence entre les religieuses qui suivaient la règle de saint Benoît, daprèslancienne coutume, et celles qui voulaient imiter les chanoines. En effet,le treizième canon de ce concile sexprime ainsi, en parlant des reli-gieuses : Quæ vero professionem sanctæ regulæ Benedicti fecerunt, re-gulariter vivant; sin autern, canonicè vivant pleniler.

Or, pour fixer cette règle canonique, que devaient suivre les chanoineset les chanoinesses, lempereur Louis le Débonnaire chargea un diacre,nommé Amalarius, de rédiger un plan de conduite pris dans les écrits deplusieurs pères, lequel il fit sanctionner dans un concile tenu, en 816, àAix-la-Chapelle. Ainsi il nétait pas encore question de la règle de saintAugustin à cette époque.

Ce concile dAix-la-Chapelle permettait aux chanoinesses de garder leursbiens, à la charge parellesden déléguer,muni dune procuration spéciale,ladministration à un homme de confiance, qui, le cas échéant, agirait enleur nom par-devant les tribunaux. Il leur était permis aussi davoir desservantes particulières

Mais toutes ces concessions parurent des abus au onzième siècle, et unconcile tenu à Rome, en lOtiO, sous le pape Nicolas 1!, reconnut quejamais les religieuses navaient joui des avantages que leur accordait leconcile dAix-la-Chaphelle, et quon navait jamais vu de chanoinessesde cette espèce, ni en Asie, ni en Afrique; quenfin la règle de saintBenoît était la seule que dussent suivre les religieuses , et quil ny