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HISTOIRE ET COSTUMES
mœurs. Les évêques examinèrent à part la conduite de leurs chanoines,s’informèrent s’ils vivaient d’après les canons, tandis que les abbés, deleur côté, interrogèrent séparément les moines, pour savoir s’ils suivaientexactement la règle de saint Benoît.
11 paraît qu’alors les religieux de quelques monastères, trouvant la viedes chanoines plus douce que la leur, avaient abandonné la règle de saintBenoît pour suivre la vie simplement canonique des chanoines; ce qu’a-vaient imité quelques religieuses : abus contre lequel s’élève un concilede Châlons-sur-Saône, de l’an 813, qui, en parlant de ces religieuses, lesappelle Sanctimoniàles quæ se canonicas vocant ; c’est la première foisqu’on trouve ce nom de chanoinesses dans les documents de ce siècle :d’après quoi on devrait regarder l’existence des chanoinesses comme unrelâchement introduit dans l’ordre religieux.
Un concile assemblé à Mayence, à la même époque, signale cette diffé-rence entre les religieuses qui suivaient la règle de saint Benoît, d’aprèsl’ancienne coutume, et celles qui voulaient imiter les chanoines. En effet,le treizième canon de ce concile s’exprime ainsi, en parlant des reli-gieuses : Quæ vero professionem sanctæ regulæ Benedicti fecerunt, re-gulariter vivant; sin autern, canonicè vivant pleniler.
Or, pour fixer cette règle canonique, que devaient suivre les chanoineset les chanoinesses, l’empereur Louis le Débonnaire chargea un diacre,nommé Amalarius, de rédiger un plan de conduite pris dans les écrits deplusieurs pères, lequel il fit sanctionner dans un concile tenu, en 816, àAix-la-Chapelle. Ainsi il n’était pas encore question de la règle de saintAugustin à cette époque.
Ce concile d’Aix-la-Chapelle permettait aux chanoinesses de garder leursbiens, à la charge parellesd’en déléguer,muni d’une procuration spéciale,l’administration à un homme de confiance, qui, le cas échéant, agirait enleur nom par-devant les tribunaux. Il leur était permis aussi d’avoir desservantes particulières
Mais toutes ces concessions parurent des abus au onzième siècle, et unconcile tenu à Rome, en lOtiO, sous le pape Nicolas 1!, reconnut quejamais les religieuses n’avaient joui des avantages que leur accordait leconcile d’Aix-la-Chaphelle, et qu’on n’avait jamais vu de chanoinessesde cette espèce, ni en Asie, ni en Afrique; qu’enfin la règle de saintBenoît était la seule que dussent suivre les religieuses , et qu’il n’y