DES ORDRES RELIGIEUX.
103
avait qu’en quelques parties de l’Allemagne que cet abus s’était établi.
Les chanoinesses, dont l’institution ne peut remonter plus haut que lecommencement du neuvième siècle, étaient donc soumises à la règle desaint Benoît, et elles ne suivirent celle de saint Augustin que vers lemilieu du douzième siècle, car un concile de Reims, de l’an 1148, obligeles chanoinesses à obéir à cette règle, en renonçant à toute propriété etvivant en communauté.
C’est à cette époque qu’on voit les chanoines réguliers se sou-mettre à une législation particulière; ainsi tout porte à croire que leurexemple aura été suivi par les chanoinesses, que par conséquent leschanoinesses de Latran auront pris pour modèle les chanoines de cenom.
Ces chanoines ne voulaient cependant pas se charger de diriger laconscience des religieuses qui portaient le même nom qu’eux. 11 fallut queles papes leur en fissent une loi expresse, et que les seigneurs, en fondantdes monastères de leur ordre, y missent pour condition que les chanoinesen fussent les directeurs.
Ces chanoinesses, qui avaient un grand nombre de monastères en Italie,étaient habillées de serge blanche, avec un rochet de toile par-dessus leurrobe, et elles mettaient un surplis par-dessus le rochet, quand elles assis-taient au chœur.
11 y avait aussi en France quelques établissements de chanoinessesrégulières; mais il se trouvait parmi elles quelque différence dans lecostume, les unes étant en blanc, les autres en noir. 11 y avait un de cesmonastères à Pic-pus, près de Paris, et qui portait le nom de Notre-Dcmiede la Victoire (I).
Dans quelques maisons, les chanoinesees portaient au chœur desaumusses comme les chanoines, notamment celles de l’abbaye de Sainte».Périne de Chaillot, près de Paris, où il y avait quarante-cinq chanoi-nesses. A la vérité, les religieuses norbertines portaient aussi des aumusses
(I) Ce nom, donné à la mère de D'eu après la victoire de Lépante, remportée, en 1571, pardon Juan d’Autricbe sur les Turcs, a causé une erreur assez commune à Bruxelles : c'est decroire que l’église dédiée à Notre-Dame de la Victoire, sur le Sablon, a été fondée par Jeanduc de Brabant, en mémoire de la bataille qu’il avait gagnée à Woeringen en 1283, tandisqu’elle ne l’a été que douze ans après la mort de ce prince, par une association de bourgeoisde cette ville.
14