CHANOINESSES RÉGULIÈRES
DE LATKAN.
Il est assez difficile d’assigner l’origine des chanoinesses régulières deLalran. Ce qui est certain, c’est quelle est postérieure à celle deschanoines réguliers. Nous savons que saint Augustin est l’instituteurde ces derniers, mais nous ne voyons pas qu’il ait institué en mêmetemps des chanoinesses; car il ne faut pas regarder comme telles lesreligieuses augustines, qui reconnaissent ce saint docteur pour leur fon-dateur.
Nous avons plusieurs décrets de conciles tenus, pendant le huitièmesiècle, à Aix-la-Chapelle, à Vernon, à Leptines (1), des capitulaires etordonnances de Charlemagne, un entre autres, de l’an 771, où, à l’occa-sion d’une famine survenue cette année, il est enjoint à chaque évêque dechanter trois messes et trois psautiers, pour le roi , pour l’armée fran-çaise et pour la calamité publique ; aux prêtres, de chanter trois messes jaux chanoines, moines et religieuses, de chanter trois psautiers : maisil n’y est pas question de chanoinesses. Vers la fin du même siècle, ontrouve une différence dans la manière dont devaient vivre les personnesconsacrées à Dieu. Les religieux et religieuses, désignées par le nom demonachæ, moinesses, devaient suivre la règle de saint Benoît, la seuleconnue à cette époque dans l’Occident, comme nous l’avons dit. Leschanoines devaient vivre d’après les canons de l’Église. Une preuve decette vérité, c’est qu’en 802, il y eut une assemblée générale de tous lesordres de la nation française, à Aix-la-Chapelle, pour la réforme des
(1) Ce concile se tint, en 745, au château de plaisance que Charlemagne avait aux Estines, etdont on voit encore quelques ruines près de Binche. Saint Boniface, légat du Saint-Siège etapôtre de l'Allemagne, y présidait.