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1 (1845)
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DES ORDRES RELIGIEUX. 77

hommes. Les (rois premiers furent dédiés à la sainte Vierge, et le qua-trième à saint Jean lEv'angéliste. Pour lors, se rappelant que Jésus-Christmourant avait dit à sa mère : « Femme, voilà votre fils! » et à saint Jean :« Mon fils, voilà votre mère! » la pensée lui vint que la sainte Viergeétant supérieure à saint Jean, il convenait que, dans son ordre, les femmesfussent vis-à-vis des hommes ce que la sainte Vierge était à légard desaint Jean : quainsi les hommes seraient soumis aux femmes, commesaint Jean lavait été à la sainte Vierge. Voilà la manière la plus naturelledexpliquer la singularité quoffre la constitution de lordre de Font-Evrauld.

La première supérieure, quétablit Robert, fut Herlande de Champagne,veuve du sire de Monsoreau, à laquelle il donna pour assistante Pétronillede Craon, veuve du baron de Chemillé.

On conçoit facilement que les hommes qui composaient ce nouvel ordre,nétant pas dune naissance aussi distinguée que les deux supérieures quonleur donnait, neurent pas de peine à se soumettre à elles, tant était grandà cette époque le prestige qui relevait la noblesse aux yeux des vilains.

Ce premier établissement formé, Robert reprit ses courses apostoliquesavec ses anciens disciples, et ramena avec lui une nouvelle recrue deprosélytes pour lesquels il bâtit de nouveaux monastères. Les évêques deleur côté lappelaient chacun dans son diocèse, en lui offrant des maisons,tels que les évêques de Poitiers, dAngers, dOrléans et deRourges.

Cest alors quil demanda au pape la confirmation de son ordre, ce quilobtint en 1115. Mais auparavant il eut quelques mortifications à essuyer.

La nouveauté de cet institut, qui navait jamais eu son pareil, ne pou-vait manquer de trouver des contradicteurs. Il sen rencontra deux danslévêque de Rennes et labbé de Vendôme, qui reprochèrent à Robert lin-décence quils trouvaient à voir vivre ensemble des hommes et des femmes,et le blâmèrent lui-même sur les rapports quil avait avec des personnesdun sexe différent du sien.

Mais labbé de Vendôme reconnut plus tard quil avait été mal informésur son compte, et quil avait cru trop légèrement aux calomnies quicouraient sur lui. Il vint lui-même lui en demander pardon, lui fit degrandes largesses, et fit construire pour lui-même une maison à Font-Evrauld.

Cette affaire terminée, Robert fit encore quelques nouveaux établisse-