HISTOIRE ET COSTUMES
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ments dans le Limousin, le Périgord et enfin dans le diocèse de Chartres.Ce dernier fut le fruit d’une conversion qui était son ouvrage.
C’était celle de Bertrade de Montfo'rt, qui avait quitté son mari,Foulques, comte d’Anjou, pour épouser le roi Philippe P r . Après la mortde ce prince, elle s’était retirée au château de Haute-Bruyère, à huit lieuesde Paris, et c’est là que, par les exhortations de Robert d’Arbrissel, elleconvertit son château en un couvent de l’ordre de Font-Evrauld, où elleen prit elle-même l’habit pour réparer le scandale quelle avait donné duvivant du roi Philippe. Elle y mourut en 1 1 17, la même année que mourutRobert. On y lisait encore son épitaphe avant la révolution.
Avant de mourir, le saint fondateur nomma, pour supérieure généralede son ordre, Pétronille de Craon-Chemillé, qui n’avait été jusque-là quela première abbesse de Font-Evrauld. Il mit son ordre sous la règle desaint Benoît, et ordonna dans ses statuts l’abstinence de la viande et lesilence continuel.
Le voile des religieuses devait toujours être baissé, de manière à leurcacher le visage. Les robes devaient être de l’étoffe la plus commune, sansapprêts et d’une laine non teinte. Le dortoir était surveillé le jour par une, etla nuit par deux sœurs converses. Quand une religieuse était dangereusementmalade, on la transportait à l’église, pour y recevoir les derniers sacrements.
Quant aux religieux, ils faisaient l’office canonial entre eux, et n’avaientrien en propre. Ce qui restait de leur table était rendu aux religieuses,pour être par elles distribué aux pauvres. Aucune femme ne pouvait êtrereçue dans leur couvent. Ils ne pouvaient se mêler d’aucune affaire étran-gère à leur institut, être témoins ou cautions pour personne. Les provi-sions de bouche, l’argent provenant des fermiers étaient exclusivementtenus par les religieuses. Les religieux ne pouvaient admettre personne àla profession. Ce droit n’appartenait qu’à l’abbesse.
Cet ordre était le seul où les ténèbres se chantaient à minuit, les troisderniers jours de la semaine sainte, suivant l’ancien usage.
Enfin le B. Robert mourut au couvent d’Orsan, dans le diocèse deBourges, le 25 février 1117, et son corps fut transporté à Font-Evrauld,où l’on vit à ses obsèques l'archevêque de Bourges, qui prononça sonoraison funèbre, celui de Tours, l’évêque d’Angers, le comte d’Anjou etplusieurs seigneurs de la plus grande distinction. Son cœur resta aux reli-gieuses d’Orsan.