HISTOIRE ET COSTUMES
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quels le roi fut obligé de sévir. Un d’entre eux fut l’abbé de Westminster,Fekenan, de l’ordre de saint Benoît, qui fut mis en prison et y passa lereste de ses jours. Sa captivité fut au moins de vingt-cinq ans, pendantlesquels tous les religieux de son ordre furent dispersés.
llélyot avance un fait qu’il est difficile de croire : c’est que Henri VIIIordonna, dans son testament, que son fds Édouard, qui devait lui succé-der, serait élevé dans la religion catholique. Que ce fait soit vrai ou faux,il n’en est pas moins certain que, pendant le règne très-court d’Édouard,la religion catholique fut encore plus persécutée que sous son père, ettrouva ensuite sa ruine complète sous la fameuse Élisabeth, sa sœur.
Et voilà ce pays où un concile tenu à York, en 1195, ordonne « qu’un« prêtre ne puisse célébrer la messe, sans avoir un homme lettré pour la» servir! » (Voyez Fleury, t. X, p. 649.)
C’est sous cette odieuse princesse qu’un amalgame monstrueux deluthéranisme, de calvinisme et de je ne sais encore quelles autres aberra-tions, composa ce qu’on appelle la religion anglicane, ce qui se nommeaujourd’hui YÊglise établie, comme s’il était dans les attributions d’ungouvernement d ’établir une croyance, comme on établit une loi de policeou de finance.
Dès lors, l’Église catholique se trouvant privée de tous ses biens, et desétablissements d’éducation quelle possédait en Angleterre, force fut auxcatholiques d’envoyer leurs enfants sur le continent, pour leur éducationreligieuse. On vit donc plusieurs jeunes Anglais catholiques, qui faisaientleurs études en Italie et en Espagne, prendre l’habit religieux, les uns auMont-Cassin, les autres à Valladolid, où s’était formée une célèbre abbayede bénédictins. Leurs supérieurs conçurent l’idée de les envoyer en Angle-terre, comme missionnaires, pour tâcher d’y rétablir la religion catho-lique.
On procura à ces missionnaires deux maisons, l’une à Douai, l’autre enLorraine, au commencement du dix-septième siècle. La première leur futdonnée par les religieux bénédictins de Saint-Waast, à Arras, à condition(pie les Anglais la leur rendraient si la foi se rétablissait en Angleterre.La seconde fut un présent que leur fit, en 1606, le cardinal de Lorraine.
En 1611, un archevêque de Reims, qui était aussi un bénédictin an-glais, avait fait construire à Saint-Malo un troisième monastère pour scsconfrères. Mais Louis XIII ne jugea pas à propos de laisser subsister un