Druckschrift 
1 (1845)
Entstehung
Seite
67
Einzelbild herunterladen
 

DES ORDRES RELIGIEUX.

07

établissement anglais, même religieux, sur un point si important de sesfrontières. Pour les en dédommager, larchevêque de Reims leur donnaune autre maison à Paris, faubourg Saint-Jacques, plus tard onéleva une église dont la première pierre fut posée, en 1(374, par Marie-Louise dOrléans, reine dEspagne, et fdle dHenriette dAngleterre, auxobsèques de laquelle Bossuet prononça sa plus belle oraison funèbre.

La persécution contre lordre religieux en Angleterre sétant étenduejusquaux religieuses, on vit les bénédictines anglaises venir chercher unasile dans les pays catholiques. Le premier quelles trouvèrent fut àReims. De elles vinrent à Bruxelles en 1599, et y achetèrent unemaison.

On ny recevait que des Anglaises dextraction noble, et elles élisaientelles-mêmes leurs abbesses, dont la première fut Jeanne Barclay. Ellestenaient si fort à ce droit, quelles refusèrent les bienfaits que leur offraitlinfante Isabelle à condition quelles lui céderaient le pouvoir de leurchoisir une abbesse.

Les Anglaises de Bruxelles fondèrent, en 1025, une maison à Gand etune à Cambrai, d sortirent, en 1044, les premières bénédictines an-glaises qui sétablirent à Paris.

On conçoit facilement que lordre de saint Benoît devait être fort étenduen Angleterre avant la destruction du culte catholique. Saint Augustin,lapôtre de ce pays, et le premier archevêque de Cantorbéry, étant béné-dictin lui-même, ainsi que ses compagnons, naura pas manqué détablirdes monastères de cet ordre. Saint Willibrod, saint Bonifaee, qui sontvenus dAngleterre pour travailler à la conversion des peuples païens desPays-Bas et de lAllemagne, étaient des bénédictins. Le chapitre de léglisemétropolitaine de Cantorbéry nétait composé que de moines de cet ordre.Létat religieux y était même en telle vénération, que plusieurs rois, pen-dant lbeptarchie saxonne, comme nous lavons déjà dit, ont quitté le trônepour se foire moines.

Le costume des bénédictins anglais était, à peu de chose près, le mêmeipie celui que portaient les autres moines de cet ordre. Vu la pauvreté deleurs maisons, ils avaient obtenu du pape la permission de manger de laviande trois fois la semaine, le dimanche, le mardi et le jeudi. Aux troisvœux ordinaires de religion ils ajoutaient celui daller en mission en An-gleterre, quand il plairait à leurs supérieurs de les y envoyer.