HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX.
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les Romains qui l’ont évacuée spontanément. Quoique venu des pays queborde l’Elbe, il n’a pas le caractère de ces Saxons farouches qui, un siècleplus tard, aimeront mieux se battre, pendant trente ans, contre Charle-magne, que de renoncer à leurs mœurs et à leurs idoles. Il faut croireque c’est sa femme qui, comme Clotilde, aura disposé son mari en faveurde la religion chrétienne.
Augustin annonce donc au roi de Kent qu’il vient de la part de Dieului apporter, ainsi qu’à son peuple, la lumière de l’Évangile. Le roi ac-cueille favorablement les missionnaires, leur fournit tout ce dont ils ontbesoin,-se fait baptiser; et après lui, une grande partie de sa nationsuit l’exemple de son roi, comme les Francs avaient suivi celui deClovis.
Voilà comme l’Angleterre est devenue chrétienne.
Faut-il ajouter à cela que ce pays, si docile à la voix de la vérité sousun bon roi, ne l’a pas été moins à celle de l’erreur quand un mauvais roilui en a donné l’exemple?
Oui, il était réservé à Henri VIII de détruire l’œuvre du roi Ethelberl,et d’y trouver la même facilité.
Prince bizarre, inconséquent, Henri donne à sa nation le spectacle detous les genres de scandales. Possédé de l’amour d’une femme, il l’épouseau mépris de toutes les lois, et finit par l’envoyer à l’échafaud. S’il enprend d’autres après elle, c’est pour leur faire subir le même sort. Il écritcontre Luther, et porte ensuite l’apostasie plus loin que lui. Son parle-ment, aussi vil que le sénat romain du temps de Domitien, applaudit àtoutes ses fureurs, et ne rougit pas de porter une loi qui condamne à lapeine de mort, comme coupable de haute trahison, une fille qui épouseun roi d’Angleterre et qui n’est pas vierge.
Henri, trouvant tant de docilité dans son peuple, lui déclare qu’il estassez fort pour se charger tout à la fois des affaires de l’État et de cellesde l’Église.
Louis XIV a dit : « L’État, c’est moi. » Avant lui, Henri VIII avait dit :« L’Église, c’est moi. »
Depuis cette époque, ces Anglais si fiers, si raisonneurs, qui ont tantri de la papesse Jeanne, n’ont plus aujourd’hui eux-mêmes à présenter,pour chef de leur Église, qu’une jeune reine de vingt ans.
La nouvelle religion trouva cependant quelques mécréants, contre les-