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1 (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX.

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les Romains qui lont évacuée spontanément. Quoique venu des pays queborde lElbe, il na pas le caractère de ces Saxons farouches qui, un siècleplus tard, aimeront mieux se battre, pendant trente ans, contre Charle-magne, que de renoncer à leurs mœurs et à leurs idoles. Il faut croireque cest sa femme qui, comme Clotilde, aura disposé son mari en faveurde la religion chrétienne.

Augustin annonce donc au roi de Kent quil vient de la part de Dieului apporter, ainsi quà son peuple, la lumière de lÉvangile. Le roi ac-cueille favorablement les missionnaires, leur fournit tout ce dont ils ontbesoin,-se fait baptiser; et après lui, une grande partie de sa nationsuit lexemple de son roi, comme les Francs avaient suivi celui deClovis.

Voilà comme lAngleterre est devenue chrétienne.

Faut-il ajouter à cela que ce pays, si docile à la voix de la vérité sousun bon roi, ne la pas été moins à celle de lerreur quand un mauvais roilui en a donné lexemple?

Oui, il était réservé à Henri VIII de détruire lœuvre du roi Ethelberl,et dy trouver la même facilité.

Prince bizarre, inconséquent, Henri donne à sa nation le spectacle detous les genres de scandales. Possédé de lamour dune femme, il lépouseau mépris de toutes les lois, et finit par lenvoyer à léchafaud. Sil enprend dautres après elle, cest pour leur faire subir le même sort. Il écritcontre Luther, et porte ensuite lapostasie plus loin que lui. Son parle-ment, aussi vil que le sénat romain du temps de Domitien, applaudit àtoutes ses fureurs, et ne rougit pas de porter une loi qui condamne à lapeine de mort, comme coupable de haute trahison, une fille qui épouseun roi dAngleterre et qui nest pas vierge.

Henri, trouvant tant de docilité dans son peuple, lui déclare quil estassez fort pour se charger tout à la fois des affaires de lÉtat et de cellesde lÉglise.

Louis XIV a dit : « LÉtat, cest moi. » Avant lui, Henri VIII avait dit :« LÉglise, cest moi. »

Depuis cette époque, ces Anglais si fiers, si raisonneurs, qui ont tantri de la papesse Jeanne, nont plus aujourdhui eux-mêmes à présenter,pour chef de leur Église, quune jeune reine de vingt ans.

La nouvelle religion trouva cependant quelques mécréants, contre les-