DES ORDRES RELIGIEUX. 5Î>
Ainsi Pépin, en montant sur le trône de France, recueillit la successionde deux moines, c’est-à-dire, de son frère Carloman et du dernier (1) desMérovingiens, qu’il fit tondre et enfermer dans le monastère de Saint-Ber-tin, à Sithiu.
L’exemple donné par le prince français trouva des imitateurs. Trois ansaprès, Rachis, roi des Lombards, vint aussi prier Pétronax de l’admettreau nombre de ses moines, en même temps que sa femme, la reine Tasie,et sa fille firent bâtir, dans le voisinage, le monastère de Piombarola, oùelles prirent le voile.
C’est dans ce même siècle qu’on vit aussi plusieurs rois de l’heptarchiesaxonne, en Angleterre, tout quitter pour embrasser la vie religieuse.
Dans le siècle où nous vivons, nous avons vu de même plusieurs roisdescendre du trône, mais ce n’était pas pour échanger leur couronne contreun froc.
Pétronax, le restaurateur du Mont-Cassin, étant mort en 750, aprèsune administration heureuse de trente ans, Optât, son successeur, fit desdémarches pour faire revenir de France le corps de saint Benoît, qui,depuis plus de cent ans, reposait dans l’abbaye de Fleury-sur-Loire. Tlemploya pour cela le crédit du prince Carloman auprès du roi Pépin, sonfrère, pour retirer des mains des Français ces précieuses reliques. Maismalgré le roi et même le pape Zacharie, les moines de Fleury gardèrentle corps du saint patriarche. Dans ces siècles dévots, une relique était untrésor inappréciable. A l’apparition des Normands, le premier soin desmoines était de sauver les corps saints qu’ils possédaient. On se les enle-vait même les uns aux autres, par ruse ou à force ouverte, et personnene se faisait scrupule de se porter à ces pieux larcins.
Le monastère du Mont-Cassin s’enrichit par les donations qu’il recevaitdes seigneurs et princes voisins édifiés de la régularité et du bon ordrequi régnaient dans cette communauté.
Charlemagne, étant venu en Italie, voulut voir lui-même le monastère
sommeil lui dire d’une voix courroucée : a Vous aviez bien besoin devenir de si loin pour» troubler ici le repos d’un pauvre religieux !» II y a certaines choses auxquelles les grandesâmes sont inaccessibles.
(1) Cliildéric III. Il y a dans la liste des rois de la première race trois Childéric et deuxChilpéric. Peut-être quelques-uns des anciens auteurs, qui se copiaient les uns les autres,auront-ils écrit un p où il fallait écrire un d.
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