HISTOIRE ET COSTUMES
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qu’avait habité et où reposait son oncle Carloman. Il se recommanda auxprières des religieux et leur accorda plusieurs grâces qu’ils lui deman-dèrent.
Mais après la mort de ce grand monarque, la France et l’Italie furentsaccagées, l’une par les Normands, l’autre par les Sarrasins ; ce qui obligeales moines du Mont-Cassin de fortifier leur enceinte contre les surprisesdes infidèles. Cela n’empêcha pas ceux-ci d’attaquer cette maison en 884,et d’égorger l’abbé au pied des autels, tandis que tous les religieux sesauvaient. Leur monastère fut réduit en cendres, mais rebâti en 904. Cene fut qu’en 946 que les religieux, qui étaient errants depuis la destruc-tion de leur maison en 884, purent y retourner. Ils retrouvèrent dansleur abbé Aligerne un autre Pétronax, qui rétablit tous les lieux régu-liers, fit rentrer tous les biens qui avaient été envahis, et remit l’ordre danscet établissement.
Aligerne, étant mort en 986, n’eut pas de successeurs dignes de lui. Ladiscipline se relâcha et le monastère éprouva bien des malheurs.
Cependant, à cette époque d’anarchie et de violences, il se trouva parmiles bénédictins du Mont-Cassin un homme de cœur. C’était leur abbéRicher, élu en 1057. Las de voir les seigneurs voisins, aidés des aventu-riers normands, s’emparer des biens de son abbaye, il lève des troupes,se met à leur tête, et va disputer à ces brigands le passage du Garillan.Mais il est fait prisonnier et l’abbaye est au pillage. Quinze jours après, ila le bonheur de se tirer de leurs mains, et il va en Allemagne chercher denouveaux secours, avec lesquels il oblige les Normands à se retirer.
Ces derniers, croyant surprendre l’abbé, reviennent au bout de quelquesjours, comme pour traiter de la paix avec lui, et, avant tout, suivantl’usage de cette époque, commencent par entrer dans l’église, pour y faireleur prière, en laissant à la porte en dehors leurs armes et leurs chevaux.
Les valets des moines, profitant de l’occasion, s’emparent aussitôt deschevaux et des armes de leurs ennemis, sonnent le tocsin, et tombent surles Normands, dont ils tuent un grand nombre, font leur chef prisonnier,et reprennent les postes dont ils s’étaient depuis longtemps mis en posses-sion. Richer fit alors fortifier son monastère et reprit tous les biens qu’onlui avait enlevés.
Les religieux du Mont-Cassin jouirent de quelque repos sous leur abbéDidier, qui fut pape dans la suite sous le nom de Victor III. Cet abbé fit