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1 (1845)
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54
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HISTOIRE ET COSTUMES

y voit aujourdhui a été construite sur lemplacement quoccupait le tem-ple de lidole.

En 580, sous labbé Bonit, quatrième successeur du saint fondateur,les Lombards attaquèrent de nuit le Mont-Gassin et sen rendirent maîtres.Les religieux eurent à peine le temps de se sauver à Rome. Les Barbaresmirent le feu au monastère, dont les ruines restèrent sur place jusquàlannée 720, tandis que les moines habitaient, à Rome, une maison queleur avait donnée le pape Pélage IL

Ce fut Grégoire II qui eut lidée de rétablir le monastère du Mont-Cassin. La Providence lui fournit, pour cette œuvre, un homme du plusgrand mérite. Cétait un personnage natif de Bresce, que la dévotion avaitamené à Rome, et qui se nommait Pétronax. Il lui proposa, en 720,daller relever les ruines de lancienne abbaye détruite depuis deux siècles.Pétronax mit la main à lœuvre, et fut assez heureux pour y bâtir deuxmaisons au lieu dune, la première au sommet, lautre au pied de la mon-tagne, et dy réunir une nombreuse communauté.

Il eut parmi ses moines un individu bien célèbre. Cétait le princeCarloman, fds aîné du fameux Charles-Martel, et frère de Pépin le Bref,premier roi de France de la seconde race. Ce prince qui, par la vigueurde son caractère et ses talents politiques, était peut-être supérieur à sonfrère, après avoir pendant six ans paru digne du trône, et de jouer enFrance un rôle aussi brillant que son père, remet tout à coup son sceptreet sa couronne entre les mains de Pépin, et va à Rome demander au papeZacharie la tonsure et lhabit monacal, en 747; après quoi, il fait bâtir,pour lui-même un monastère sur le mont Soracte, les hivers étaient sirudes du temps dHorace ( I). Mais il ny resta pas longtemps. Ennuyé desvisites quil y recevait, il alla au Mont-Cassin se mettre sous la disci-pline (2) de labbé Pétronax.

(1) Vides ut alla slel nive candidum

Soracte. (Lib. I, od. 9.)

(2) On a de la peine à croire ce quon dit de Carloman, qui se présenta au monastère duMont-Cassin sans se faire connaître, et qui se soumit à exercer les emplois les plus bas de lacuisine et de la basse-cour. Aussi les moines tombèrent-ils tous à ses pieds quand le hasardleur eut appris le nom de linconnu quils avaient reçu parmi eux , en le priant de leur par-donner leur conduite envers lui. Mais le prince était trop grand pour sen fâcher.

Un jour que Charles-Quint, retiré au couvent de Saint-Just, devait à son tour éveiller lesmoines pour les matines, il entendit, sans lui répliquer, un jeune homme quil arrachait au