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HISTOIRE ET COSTUMES
y voit aujourd’hui a été construite sur l’emplacement qu’occupait le tem-ple de l’idole.
En 580, sous l’abbé Bonit, quatrième successeur du saint fondateur,les Lombards attaquèrent de nuit le Mont-Gassin et s’en rendirent maîtres.Les religieux eurent à peine le temps de se sauver à Rome. Les Barbaresmirent le feu au monastère, dont les ruines restèrent sur place jusqu’àl’année 720, tandis que les moines habitaient, à Rome, une maison queleur avait donnée le pape Pélage IL
Ce fut Grégoire II qui eut l’idée de rétablir le monastère du Mont-Cassin. La Providence lui fournit, pour cette œuvre, un homme du plusgrand mérite. C’était un personnage natif de Bresce, que la dévotion avaitamené à Rome, et qui se nommait Pétronax. Il lui proposa, en 720,d’aller relever les ruines de l’ancienne abbaye détruite depuis deux siècles.Pétronax mit la main à l’œuvre, et fut assez heureux pour y bâtir deuxmaisons au lieu d’une, la première au sommet, l’autre au pied de la mon-tagne, et d’y réunir une nombreuse communauté.
Il eut parmi ses moines un individu bien célèbre. C’était le princeCarloman, fds aîné du fameux Charles-Martel, et frère de Pépin le Bref,premier roi de France de la seconde race. Ce prince qui, par la vigueurde son caractère et ses talents politiques, était peut-être supérieur à sonfrère, après avoir pendant six ans paru digne du trône, et de jouer enFrance un rôle aussi brillant que son père, remet tout à coup son sceptreet sa couronne entre les mains de Pépin, et va à Rome demander au papeZacharie la tonsure et l’habit monacal, en 747; après quoi, il fait bâtir,pour lui-même un monastère sur le mont Soracte, où les hivers étaient sirudes du temps d’Horace ( I). Mais il n’y resta pas longtemps. Ennuyé desvisites qu’il y recevait, il alla au Mont-Cassin se mettre sous la disci-pline (2) de l’abbé Pétronax.
(1) Vides ut alla slel nive candidum
Soracte. (Lib. I, od. 9.)
(2) On a de la peine à croire ce qu’on dit de Carloman, qui se présenta au monastère duMont-Cassin sans se faire connaître, et qui se soumit à exercer les emplois les plus bas de lacuisine et de la basse-cour. Aussi les moines tombèrent-ils tous à ses pieds quand le hasardleur eut appris le nom de l’inconnu qu’ils avaient reçu parmi eux , en le priant de leur par-donner leur conduite envers lui. Mais le prince était trop grand pour s’en fâcher.
Un jour que Charles-Quint, retiré au couvent de Saint-Just, devait à son tour éveiller lesmoines pour les matines, il entendit, sans lui répliquer, un jeune homme qu’il arrachait au