CONGRÉGATION DU MONT-CASSIN.
Il est à remarquer que les grands établissements religieux, qui se sontformés en Italie, ont presque tous été assis sur des montagnes. Les con-grégations du Mont-Cassin, du Mont-Olivet, du Mont-de-la-Couronne, desCamaldules,etc., tirent leurs noms des hauteurs où elles ont pris naissance.
Cette position tenait à la nature du pays. L’Italie étant une longue lan-gue de terre conformée en dos d’âne, ses habitants ont construit leursvilles et se sont agglomérés aux bords, ou à proximité des mers. Par con-séquent les moines, qui cherchaient des solitudes, ne pouvaient en trouverque sur les montagnes.
Dans les pays de plaines, tels que la France, les solitaires ne pouvaientêtre seuls que dans les bois ou les marais éloignés des villes. Aussi c’estlà qu’ont construit leurs monastères les moines de Cîteaux. Si, depuis, ilsse sont trouvés au milieu des villes, c’est que les peuples sont venus segrouper autour d’eux, comme pour vivre sous leur ombre.
Quant aux religieux de la troisième classe, c’est-à-dire les prédicateurs,les controversistes, leur mission étant d’être en contact continuel avecles populations, ils se sont établis dans les villes, et c’était là leur place.
Le monastère du Mont-Cassin peut être regardé comme le berceau etle chef-lieu de l’ordre de saint Benoît. Il est vrai que ce monastère n’estpas le premier qu’a élevé le patriarche des moines d’Occident, puisqu’onsait qu’il en avait déjà construit douze, dont quelques-uns existent encore,avant de s’établir sur le Mont-Cassin. Mais c’est là qu’il est mort, et c’estsans doute là aussi qu’il a composé la règle qui porte son nom et forme lalégislation de son ordre.
Ce lieu devait être cher au coeur du saint abbé. Il l’avait purgé d’unreste d’idolâtrie qui le souillait, et y avait renversé la statue d’Apollon,qui y avait encore quelques adorateurs. On croit même que l’église qu’on