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1 (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES

lion. Ce ne fut pas sans de grands efforts que nos deux abbés parvinrent àfaire admettre cette paix dans toute la France.

Il arriva, du temps de labbé Odilon, une circonstance, qui ne sétaitpas encore présentée.

Depuis lan 1054, lanarchie régnait en Pologne, fléau qui devait à lafin amener la ruine de cette malheureuse contrée. Casimir, fils du dernierroi, Micislas II, sétait réfugié en France pendant les troubles qui avaientsuivi la mort de son père, avait pris, à Cluni, lhabit religieux, et avait deplus été ordonné diacre. Les Polonais, fatigués des désordres qui affli-geaient leur pays depuis sept ans, vinrent supplier lhéritier légitime deleurs anciens rois de revenir dans leur patrie, pour lui rendre le calme,dont elle avait besoin. Il fallait pour cela que Casimir obtînt dispense desvœux solennels quil avait faits. Odilon renvoya laffaire au pape Benoît IX,qui accorda la dispense. Casimir partit avec les députés polonais, semaria, eut plusieurs enfants, et mourut en 1058, après dix-sept ans derègne.

On avait déjà vu plusieurs rois descendre du trône, de gré ou de force,pour entrer dans le cloître; mais cétait la première fois que lon voyaitun moine déposer le froc pour ceindre le diadème.

Cest labbé Odilon qui institua le premier loffice pour tous les mortsle lendemain de la Toussaint. Voici comme Fleuri rapporte cette institu-tion.

a Un pieux chevalier revenait du pèlerinage de Jérusalem. Sétant égaré» de son chemin, il rencontra un ermite qui, apprenant quil était de Gaule,# lui demanda sil connaissait le monastère de Cluni et labbé Odilon. Le» pèlerin ayant dit quil le connaissait, lermite lui dit : Dieu ma fait con-» naître quil a crédit de délivrer les âmes qui souffrent dans lautre vie.» Quand donc vous serez de retour, exhortez-le et ceux de sa communauté» à continuer leurs prières et leurs aumônes pour les morts. »

On ne sait pas si le pèlerin sacquitta de son message; mais on saitquOdilon institua, dans son abbaye, lusage, que lÉglise universelleadopta, peu de temps après, de faire un office solennel pour les morts,le 2 novembre, au son de toutes les cloches ; que ce jour on distribuait, àCluni, du pain et du vin à tous ceux qui se présentaient à la porte dumonastère, et que douze pauvres étaient, ce même jour, nourris dans lamaison. Ainsi cest un pieux abbé de Cluni qui a eu la première idée de la