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1 (1845)
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DES ORDRES RELIGIEUX.

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Commémoration des morts , comme cest une sainte fille du pays deLiège (I) qui a fait établir loffice solennel de la Fête-Dieu.

Saint Odilon mourut, comme saint Maïeul, dans le monastère de Sou-vigni, en 1049, à lâge de quatre-vingt-sept ans, après avoir gouvernélordre de Cluni pendant cinquante-six ans. Il avait refusé, en 1051, lar-chevêché de Lyon. Il voulut mourir dans léglise, étendu sur un cilice cou-vert de cendre. Cest lui qui avait réformé l'abbaye de Saint-Denis, prèsde Paris.

A saint Odilon succéda saint Hugues. Ce dernier, en 1024, sortaitde la maison souveraine des ducs de Bourgogne. Ses parents le destinaientà la profession des armes, mais, à lâge de seize ans, enchanté de tout cequon racontait des vertus des moines de Cluni, il en prit lhabit, et, à lamort dOdilon, il le remplaça, quoiquil neût que vingt-cinq ans, et futsoixante ans abbé de ce monastère célèbre.

Cest lui qui fonda le prieuré de Saint-Martin-des-Champs, à Paris, etcelui de la Charité-sur-Loire. Il se trouva à plusieurs conciles, il se dis-tingua. Les empereurs et les papes lhonorèrent de leur estime et de leurconfiance. Il fut chargé de négociations importantes auprès de plusieurssouverains, et termina plus dune fois leurs querelles. Le monastère deCluni ne fut jamais plus florissant que sous lui (2). Il mourut en 1109, àlâge de quatre-vingt-cinq ans, et fut mis au nombre des saints, parCalixte II, en 1121.

Guillaume le Conquérant lui ayant demandé des religieux de son abbaye,pour les établir en Angleterre, en lui offrant cent livres dargent pourchacun de ceux quil pourrait lui envoyer, le saint abbé lui répondit quil

(1) Julienne, prieure du monastère du Mont-Cornillon près de Liège, proposa celte fêtedaprès une vision quelle crut avoir eue, et le pape Urbain IV, qui avait été archidiacre deLiège, établit cette solennité dans toute lËglise (12G1-1264). Saint Thomas dAquin en composaloffice par ordre du même Pontife.

(2) 11 faut remarquer ici quil y a une espèce de bénédiction attachée aux longs règnes. Ilsemble que , quand les souverains ne sont pas emprisonnés par le temps, leurs formes se déve-loppent mieux : les choses se mettent mieux à leur place, et tout prend une assiette fixe. Onpeut citer, en preuve de cette observation, les longs règnes dAuguste et de Constantin, chezles Romains; ceux de Charlemagne, de saint Louis et de Louis XIV, en France; de Philippele Bon et de Marie-Thérèse , aux Pays-Bas. Cest peut-être à la longue durée du règne deFrançois I er en Autriche, quil faut attribuer le calme qui règne dans cet empire, et labsencede lesprit de turbulence qui agite en ce moment tant dautres pays.