DES ORDRES RELIGIEUX.
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Commémoration des morts , comme c’est une sainte fille du pays deLiège (I) qui a fait établir l’office solennel de la Fête-Dieu.
Saint Odilon mourut, comme saint Maïeul, dans le monastère de Sou-vigni, en 1049, à l’âge de quatre-vingt-sept ans, après avoir gouvernél’ordre de Cluni pendant cinquante-six ans. Il avait refusé, en 1051, l’ar-chevêché de Lyon. Il voulut mourir dans l’église, étendu sur un cilice cou-vert de cendre. C’est lui qui avait réformé l'abbaye de Saint-Denis, prèsde Paris.
A saint Odilon succéda saint Hugues. Ce dernier, né en 1024, sortaitde la maison souveraine des ducs de Bourgogne. Ses parents le destinaientà la profession des armes, mais, à l’âge de seize ans, enchanté de tout cequ’on racontait des vertus des moines de Cluni, il en prit l’habit, et, à lamort d’Odilon, il le remplaça, quoiqu’il n’eût que vingt-cinq ans, et futsoixante ans abbé de ce monastère célèbre.
C’est lui qui fonda le prieuré de Saint-Martin-des-Champs, à Paris, etcelui de la Charité-sur-Loire. Il se trouva à plusieurs conciles, où il se dis-tingua. Les empereurs et les papes l’honorèrent de leur estime et de leurconfiance. Il fut chargé de négociations importantes auprès de plusieurssouverains, et termina plus d’une fois leurs querelles. Le monastère deCluni ne fut jamais plus florissant que sous lui (2). Il mourut en 1109, àl’âge de quatre-vingt-cinq ans, et fut mis au nombre des saints, parCalixte II, en 1121.
Guillaume le Conquérant lui ayant demandé des religieux de son abbaye,pour les établir en Angleterre, en lui offrant cent livres d’argent pourchacun de ceux qu’il pourrait lui envoyer, le saint abbé lui répondit qu’il
(1) Julienne, prieure du monastère du Mont-Cornillon près de Liège, proposa celte fêted’après une vision qu’elle crut avoir eue, et le pape Urbain IV, qui avait été archidiacre deLiège, établit cette solennité dans toute l’Ëglise (12G1-1264). Saint Thomas d’Aquin en composal’office par ordre du même Pontife.
(2) 11 faut remarquer ici qu’il y a une espèce de bénédiction attachée aux longs règnes. Ilsemble que , quand les souverains ne sont pas emprisonnés par le temps, leurs formes se déve-loppent mieux : les choses se mettent mieux à leur place, et tout prend une assiette fixe. Onpeut citer, en preuve de cette observation, les longs règnes d’Auguste et de Constantin, chezles Romains; ceux de Charlemagne, de saint Louis et de Louis XIV, en France; de Philippele Bon et de Marie-Thérèse , aux Pays-Bas. C’est peut-être à la longue durée du règne deFrançois I er en Autriche, qu’il faut attribuer le calme qui règne dans cet empire, et l’absencede l’esprit de turbulence qui agite en ce moment tant d’autres pays.