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1 (1845)
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DES ORDRES RELIGIEUX.

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A la prière de limpératrice Adélaïde, mère dOthon II, Odilon avait étéréformer le monastère de Saint-Pierre, à Pavie, et y avait mis, pour abbé,un de ses religieux. Limpératrice fit quelques donations à ce monastère,et y ajouta un couteau (1).

Saint Odilon, successeur de saint Maïeul, était issu de la famille descomtes de Mercœur, une des plus illustres de lAuvergne. Il avait été élevéà Cluni, et sy était fait moine. Limpératrice Adélaïde désira le voir avantde mourir, et il se rendit, pour cela, au château dOrbe, dans le pays deVaud, peu de temps avant sa mort.

Quand lempereur O thon II alla se faire couronner à Rome, il voulutêtre accompagné de saint Odilon. Deux ans après, il y eut une grandefamine, pendant laquelle le saint abbé, ayant épuisé le trésor de sonabbaye à nourrir les malheureux, fit fondre les vases sacrés et tout cequil avait de métaux précieux, pour venir au secours des nécessiteux.

Depuis longtemps, on se plaignait que les guerres privées, de seigneurà seigneur, rendaient les routes impraticables. On ne pouvait aller dunlieu à lautre, sans tomber entre les mains de brigands armés, qui dévali-saient les voyageurs. Pour faire cesser des désordres si grands, Odilon etRichard, abbé de Saint-Vannes, près de Verdun, profitant de linfluenceque leurs vertus leur avaient acquise, et des idées religieuses, qui domi-naient encore au milieu de l'anarchie épouvantable de ces temps malheu-reux, firent signer à tous les seigneurs ce quon appela la Trêve ou la Paixde Dieu. Cétait un engagement quils prenaient de ne commettre aucunehostilité les uns contre les autres depuis le mercredi au soir jusquaulundi matin, et à respecter lasile des églises, sous peine dexcommunica-

(I) Dans ces siècles, la manière de donner à quelquun linvestiture dune propriété était delui mettre en main, ou un gant, ou un couteau, une branche darbre, un livre, ou touteautre chose de peu de valeur. Si cétait une propriété territoriale, on en apportait un peu deterre, quon posait sur un autel. Dautres fois, cétait un baiser sur la joue que le donatairedonnait au donateur; et si le donataire était une femme , elle commettait un homme pour ledonner, en sa place. Une autre manière de transmettre une propriété, élait de se couperun ongle jusquau sang, en témoignage damitié. 11 y a un exemple encore plus singulier. Unseigneur, ayant fait une donation à un monastère, vint en déposer lacte sur lautel, en pré-sence de plusieurs témoins, et donna un soufflet sur la joue à chacun deux.

Le prieuré de Saint-Martin-des-Champs, b Paris, devait donner, tous les ans, la veille de laSaint-Martin, au premier président du parlement de cette ville, en reconnaissance dune fon-dation faite, en 1426, en faveur de ce monastère, deux bonnets à oreilles, lun double etlautre simple.