DES ORDRES RELIGIEUX.
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A la prière de l’impératrice Adélaïde, mère d’Othon II, Odilon avait étéréformer le monastère de Saint-Pierre, à Pavie, et y avait mis, pour abbé,un de ses religieux. L’impératrice fit quelques donations à ce monastère,et y ajouta un couteau (1).
Saint Odilon, successeur de saint Maïeul, était issu de la famille descomtes de Mercœur, une des plus illustres de l’Auvergne. Il avait été élevéà Cluni, et s’y était fait moine. L’impératrice Adélaïde désira le voir avantde mourir, et il se rendit, pour cela, au château d’Orbe, dans le pays deVaud, peu de temps avant sa mort.
Quand l’empereur O thon II alla se faire couronner à Rome, il voulutêtre accompagné de saint Odilon. Deux ans après, il y eut une grandefamine, pendant laquelle le saint abbé, ayant épuisé le trésor de sonabbaye à nourrir les malheureux, fit fondre les vases sacrés et tout cequ’il avait de métaux précieux, pour venir au secours des nécessiteux.
Depuis longtemps, on se plaignait que les guerres privées, de seigneurà seigneur, rendaient les routes impraticables. On ne pouvait aller d’unlieu à l’autre, sans tomber entre les mains de brigands armés, qui dévali-saient les voyageurs. Pour faire cesser des désordres si grands, Odilon etRichard, abbé de Saint-Vannes, près de Verdun, profitant de l’influenceque leurs vertus leur avaient acquise, et des idées religieuses, qui domi-naient encore au milieu de l'anarchie épouvantable de ces temps malheu-reux, firent signer à tous les seigneurs ce qu’on appela la Trêve ou la Paixde Dieu. C’était un engagement qu’ils prenaient de ne commettre aucunehostilité les uns contre les autres depuis le mercredi au soir jusqu’aulundi matin, et à respecter l’asile des églises, sous peine d’excommunica-
(I) Dans ces siècles, la manière de donner à quelqu’un l’investiture d’une propriété était delui mettre en main, ou un gant, ou un couteau, une branche d’arbre, un livre, ou touteautre chose de peu de valeur. Si c’était une propriété territoriale, on en apportait un peu deterre, qu’on posait sur un autel. D’autres fois, c’était un baiser sur la joue que le donatairedonnait au donateur; et si le donataire était une femme , elle commettait un homme pour ledonner, en sa place. Une autre manière de transmettre une propriété, élait de se couperun ongle jusqu’au sang, en témoignage d’amitié. 11 y a un exemple encore plus singulier. Unseigneur, ayant fait une donation à un monastère, vint en déposer l’acte sur l’autel, en pré-sence de plusieurs témoins, et donna un soufflet sur la joue à chacun d’eux.
Le prieuré de Saint-Martin-des-Champs, b Paris, devait donner, tous les ans, la veille de laSaint-Martin, au premier président du parlement de cette ville, en reconnaissance d’une fon-dation faite, en 1426, en faveur de ce monastère, deux bonnets à oreilles, l’un double etl’autre simple.