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H1ST0II5E ET COSTUMES

5° Rien de plus minutieux que les préparations employées pour faire lepain destiné à être consacré à la messe.

Le froment devait être choisi grain à grain, lavé avec le plus grandsoin, ainsi que les meules qui devaient le moudre. Quatre religieux, donttrois devaient être dans les ordres sacrés, recevaient la farine qui en pro-venait, et la passaient eux-mêmes au tamis, après sêtre bien lavé les mainset le visage. Cette farine était ensuite lavée dans une eau bien claire, etcest alors quelle était portée à la cuisson dans un fer tenu bien propre.

Le silence était une des pratiques les mieux observées. On ne pouvaitle rompre sous aucun prétexte. Cétait par signes que lon se communiquaitce quon avait à se dire. Pendant lhiver, après les matines, qui se chan-taient la nuit, les anciens restaient au chœur, et les jeunes moines allaientapprendre le chant. Pendant le travail des mains, on récitait des psaumes.

Depuis le 15 septembre, on ne faisait quun repas par jour, excepté àquelques jours de fête, Ton en faisait deux.

On nourrissait chaque jour dix-huit pauvres. Les charités redoublaientpendant le carême. Il y eut même une année lon nourrit jusquà septmille pauvres (1).

Il y avait à Cluni un pensionnat, lon donnait aux jeunes gens quony élevait une éducation aussi distinguée que celle quauraient pu recevoiralors les enfants des princes. Helyot dit même que, de son temps, il yavait, dans cette abbaye, six jeunes enfants nobles, quon y élevait, et qui,pendant le cours de leurs études, servaient denfants de chœur et portaientlhabit monastique.

Il régnait un ordre admirable dans ce monastère, et un grand nombrede fonctionnaires y maintenaient la plus exacte discipline. On y trouvait,outre labbé, des doyens, un grand prieur claustral, des maîtres de chantet détudes pour les pensionnaires ; un armoirier, qui avait soin des livres

(1) Peut-être va-t-on dire que cétait un excellent moyen de favoriser la fainéantise. Celaest bon à dire aujourdhui lindustrie sait employer utilement les bras des pauvres. Mais àcelle époque , lon ne connaissait ni commerce, ni fabriques , quaurait-on fait des pauvres,si les moines ne les eussent pas nourris? Cest à cela que les religieux consacraient lopulencequils sétaient procurée en défrichant, par leurs sueurs, les landes et les bruyères , et en serefusant à eux-mêmes tonies les commodités de la vie. Un des malheurs de notre temps, est dejuger des choses qui se passaient au dixième siècle avec les idées du dix-neuvième. Cela rap-pelle ce Parisien devant qui lon parlait du peu de sûreté quil y avait dans les rues do Paris aucommencement du moyen Age. Pourquoi, dit le badaud, la police ny meUail-elle pas ordre ?