DES ORDRES RELIGIEUX.
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du chœur; un chambrier pour le vestiaire; un garde du trésor de l’église,c’est-à-dire de l’argenterie servant au culte; un moine chargé de recevoirles hôtes; un autre pour la distribution des aumônes, et un grand infir-mier.
La renommée de cette maison s’étendit si loin, qu’il s’en éleva de pa-reilles dans tous les pays de l’Europe, alors toute catholique, et jusquedans l’Orient.
Saint Odon, à qui Cluni fut redevable de ce lustre, avait la confiance desprinces et des souverains pontifes de son temps. Il fut chargé de négocia-tions importantes et fit plusieurs voyages en Italie , appelé par les papesLéon VII et Étienne VIII pour réconcilier les princes qui se faisaient laguerre.
Par dévotion pour saint Martin, il voulut aller mourir à Tours, où ilavait passé sa jeunesse. Il y termina sa carrière en 942, et y fut enterré.Il avait alors soixante-trois ans. Son corps a été brûlé par les huguenots.Ces furieux, comme ceux de 1795, trouvaient du plaisir à jeter aux ventsles cendres des morts, qu’ils regrettaient de n’avoir pu tuer.
Sous le successeur d’Odon, qui fut Aymard, vers l’an 948, un gentil-homme et sa femme, du consentement de leurs enfants, se donnèrent,avec tout ce qu’ils avaient, à l’abbaye de Cluni. Telle est l’origine desDonnés, ou Oblats, qui se trouvaient dans plusieurs monastères de l’ordrede saint Benoît. Ces oblats demeuraient dans le monastère, sous un habitdifférent de celui des moines, et y vivaient, eux et leurs enfants, dans ladépendance de l’abbé. La cérémonie, par laquelle ils se consacraient ainsiau service de l’abbaye, consistait à se passer autour du cou la corde d’unecloche de l’église, et à mettre quelques deniers sur leur tête (I).
En France, dans certaines abbayes de fondation royale, le roi avait droitde placer, dans ces maisons, quelques individus, qu’on appelait des moineslais. Ils y étaient nourris, sous la condition de sonner les cloches et de ba-layer l’église. C’étaient ordinairement les soldats estropiés que l’on plaçaitainsi. L’empereur Joseph II en faisait autant dans les Pays-Bas, où il obli-geait même les religieuses à recevoir et à nourrir chez elles les invalides
(1) On donnait sa personne à lin monastère, comme d'autres donnaient leurs biens à un sei-gneur, dont ils se déclaraient les vassaux. Les premiers avaient pour but de sauver leurs âmes ;les seconds, de sauver leurs corps et leurs possessions.