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1 (1845)
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DES ORDRES RELIGIEUX.

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du chœur; un chambrier pour le vestiaire; un garde du trésor de léglise,cest-à-dire de largenterie servant au culte; un moine chargé de recevoirles hôtes; un autre pour la distribution des aumônes, et un grand infir-mier.

La renommée de cette maison sétendit si loin, quil sen éleva de pa-reilles dans tous les pays de lEurope, alors toute catholique, et jusquedans lOrient.

Saint Odon, à qui Cluni fut redevable de ce lustre, avait la confiance desprinces et des souverains pontifes de son temps. Il fut chargé de négocia-tions importantes et fit plusieurs voyages en Italie , appelé par les papesLéon VII et Étienne VIII pour réconcilier les princes qui se faisaient laguerre.

Par dévotion pour saint Martin, il voulut aller mourir à Tours, ilavait passé sa jeunesse. Il y termina sa carrière en 942, et y fut enterré.Il avait alors soixante-trois ans. Son corps a été brûlé par les huguenots.Ces furieux, comme ceux de 1795, trouvaient du plaisir à jeter aux ventsles cendres des morts, quils regrettaient de navoir pu tuer.

Sous le successeur dOdon, qui fut Aymard, vers lan 948, un gentil-homme et sa femme, du consentement de leurs enfants, se donnèrent,avec tout ce quils avaient, à labbaye de Cluni. Telle est lorigine desDonnés, ou Oblats, qui se trouvaient dans plusieurs monastères de lordrede saint Benoît. Ces oblats demeuraient dans le monastère, sous un habitdifférent de celui des moines, et y vivaient, eux et leurs enfants, dans ladépendance de labbé. La cérémonie, par laquelle ils se consacraient ainsiau service de labbaye, consistait à se passer autour du cou la corde dunecloche de léglise, et à mettre quelques deniers sur leur tête (I).

En France, dans certaines abbayes de fondation royale, le roi avait droitde placer, dans ces maisons, quelques individus, quon appelait des moineslais. Ils y étaient nourris, sous la condition de sonner les cloches et de ba-layer léglise. Cétaient ordinairement les soldats estropiés que lon plaçaitainsi. Lempereur Joseph II en faisait autant dans les Pays-Bas, il obli-geait même les religieuses à recevoir et à nourrir chez elles les invalides

(1) On donnait sa personne à lin monastère, comme d'autres donnaient leurs biens à un sei-gneur, dont ils se déclaraient les vassaux. Les premiers avaient pour but de sauver leurs âmes ;les seconds, de sauver leurs corps et leurs possessions.