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HISTOIRE ET COSTUMES
le dernier, deux ans auparavant, fonder un monastère en Sicile, dans lesbiens que son père Tertulle avait donnés à son maître.
Maur venait de partir lui-même pour la France, où, à la demande d’in-nocent, évêque du Mans, il allait établir le nouvel ordre sur les bords dela Loire. A peine arrivé à Orléans, il y apprit la mort de saint Benoît.Maur ne retourna plus en Italie. Il fonda à Glanfeuil, en Anjou, un mo-nastère qui, de son nom, fut appelé Saint-Maur-siir-Loire, et a donnénaissance à la petite ville de Saint-Maur, au département d’Indre-et-Loire.Il en fut le premier abbé, et y mourut en 584 (1).
Quant à Placide, son ami, il ne gouverna que cinq ans le monastèrequ’il avait fondé, en Sicile, près de Messine. Il y fut massacré, à l’âge detrente et un ans, avec tous ses frères, par des pirates, qui venaient defaire une descente sur les côtes de cette île, et mirent ensuite le feu aumonastère. Il est honoré, comme martyr, dans tout l’ordre de saintBenoît.
Cet ordre, comme le plus ancien et le plus étendu, s’est divisé en ungrand nombre de réformes ou de congrégations. Saint Benoît avait prévuque son ordre s’étendrait hors des limites de l’Italie. Aussi sa règle porte-t-elle que, pour la manière de se vêtir et même de se nourrir, on se con-formerait aux usages et aux besoins que chaque pays indiquerait, mais ilinterdit à tous ses moines l’usage de la viande. Quant au vin, il en accordaune hémine par jour à chaque religieux. On a beaucoup disputé sur lacontenance de cette mesure. On croit qu’elle revenait à un demi-setier,mesure de Paris. Il paraît que le premier habit des bénédictins était blancavec un scapulaire noir.
La règle permettait de recevoir des enfants dès l’âge de cinq ans. Onleur donnait l’habit monacal, et ils pratiquaient une partie des devoirs decette profession. Mais ces enfants, parvenus à l’âge de puberté, pouvaientquitter l’ordre, s’ils ne se sentaient pas la vocation d’y rester. Cependantcette coutume étant dégénérée en abus, en ce que bien des parents venaientoffrir, dans les monastères, ceux de leurs enfants qui étaient contrefaits,ou qui n’avaient pas de dispositions à réussir dans le monde, la plupart
(I) On avait mis dans son tombeau un morceau de parchemin , sur lequel on avait écrit quele corps qui reposait en ce lieu était celui de « Maur, moine et diacre, qui était venu enFrance sous le règne de Théodebert. » Ce parchemin fut trouvé en 845.