CONGRÉGATIONS DE BÉNÉDICTINS.
Moins admirateur que les moines de l’Orient de la vie contemplative,saint Benoît recommande plus qu’eux le travail des mains. « Quelques-» uns des moines d’Orient avaient bien essayé d’introduire le travail dans» leur vie; mais la tentative n’avait jamais été générale, ni suivie. Ce fut» la grande révolution que fit saint Benoît dans l’institut monastique; il y» introduisit le travail manuel, l’agriculture. Les moines bénédictins ont» été les défricheurs de l’Europe ; ils l’ont défrichée en grand, en associant» l’agriculture à la prédication. Une colonie, un essaim de moines, peu» nombreux d’abord, se transportaient dans des lieux incultes, ou à peu» près, souvent au milieu d’une population païenne, en Germanie, par» exemple, en Bretagne, et là, missionnaires et laboureurs à la fois, ils» accomplissaient leur double tâche, souvent avec autant de péril que de». fatigue. » (Guizot , Cours d’histoire moderne.)
Après le travail, ce que recommande le plus saint Benoît à ses moines,c’est l’abnégation, et l’obéissance sans réserve aux supérieurs. Mais enprescrivant la soumission à l’abbé, il veut que celui-ci n’entreprenne riend’important sans consulter tous ses frères, en ajoutant que Dieu révèlesouvent au plus jeune ce qui vaut le mieux. Au reste, cette règle n’or-donne pas de grandes austérités : elle est très-douce, et enjoint aux supé-rieurs de n’exiger des moines rien qui soit au-dessus de leurs forces : « de» manière qu’à tout prendre, dit l’auteur que nous venons de citer, je ne» doute pas que les frères, renfermés dans l’intérieur d’un monastère, n’y» fussent gouvernés par une autorité plus raisonnable, et d’une manière» moins dure, qu’ils ne l’eussent été dans la société civile. »
Nous avons déjà dit que saint Benoît termina sa vie, l’an 545, à l’âgede soixante-trois ans. Mais il n’avait plus auprès de lui, pour lui fermerles yeux, ses deux disciples bien-aimés, Maur et Placide. Il avait envoyé