HISTOIRE ET COSTUMES
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tutions de la vie monastique, de Cassien, dont nous avons déjà parlé, quifonda, à Marseille, le célèbre monastère de Saint-Victor.
Jean Cassien naquit en Thrace, suivant les uns, et, suivant d’autres,était Gaulois. Vers la fin du quatrième siècle, il alla, avec un de ses amis,nommé Germain, visiter les solitaires de la Thébaïde, et pratiquerleur manière de vivre. Comme eux et avec eux il marchait nu-pieds, vêtupauvrement, et vivant du travail de ses mains.
En 4-05, Germain et lui allèrent à Constantinople pour y faire la con-naissance de saint Jean Chrysostome, archevêque de cette ville, qui or-donna diacre Cassien et l’attacha à son église. Mais le saint archevêqueayant été exilé, Germain et Cassien allèrent à Rome porter les lettres duclergé de Constantinople relatives à la persécution de saint Jean Chryso-stome.
C’est sans doute à Rome que Cassien fut ordonné prêtre. De là il allaà Marseille fonder deux monastères, un pour les hommes et un pour lesfemmes. C’est là qu’il écrivit ses Conférences spirituelles et ses autresouvrages. Il y mourut en odeur de sainteté, en 453.
Ses Institutions sont en douze livres. Il y décrit, avec la dernière exac-titude, la manière dont vivaient les solitaires de la Thébaïde, et les pro-pose pour modèles aux moines de l’Occident.
Quand de nos jours Ronaparte fondait l 'Institut d’Êgypte, songeait-ilqu’un Gaulois du cinquième siècle avait foulé comme lui le sol de la Thé-baïde et en avait rédigé les Institutions monastiques ?
Cet ouvrage de Cassien est le meilleur qu’on ait encore écrit sur ces ma-tières, et saint Renoît paraît s’en être servi pour composer sa règle.
La vie chrétienne, vie de préceptes, a toujours été la même. Toutchrétien, quelque pays qu’il ait habité, à quelque époque qu’il ait vécu, atoujours été obligé de croire les vérités contenues dans le symbole desapôtres, et de pratiquer ce que lui ordonnent les commandements de Dieuet de l’Église.
La vie religieuse n’étant que de conseils, chacun a pu suivre celui quiconvenait le plus à ses goûts ou à ses opinions. Le choix des pratiquesauxquelles on voulait s’astreindre a pu dépendre du pays qu’on habitait,des circonstances où l’on se trouvait, et de la force des exemples qu’onavait sous les yeux.
Les premiers moines se condamnaient à une vie dure, à de grandes