DES ORDRES RELIGIEUX.
31
tères en dépendaient, sans qu’on puisse le regarder comme ayant étéchef-lieu d’un ordre religieux particulier. Il fut lui-même réuni, au sei-zième siècle, à la congrégation du mont Cassin.
Ce monastère a donné à l’Église plusieurs évêques et archevêques, ainsique plusieurs hommes illustres. Un des plus connus est Vincent de Lérins,auteur, vers 454, d’un Commonitorium adversus liœrelicos, livre decontroverses, qui a été traduit en français.
Le nom de Vincent de Lérins était souvent prononcé à Paris sur lesbancs de la Sorbonne dans les thèses publiques qu’on y soutenait. Unede ses expressions, peu exacte à propos de l’universalité de la foi catholique,pouvant faire douter de son orthodoxie sur ce dogme, il n’y avait presquepas d’acte public qui n’amenât cette question, et qui ne prêtât matière àfaire briller le talent de ceux qui se chargeaient d’attaquer ou de défendrel’auteur sur ce point.
Le troisième évêque d’Arles, dont le nom figure parmi les fondateursde monastères, est saint Césaire, qui fut aussi moine de Lérins. Il était néà Châlons-sur-Saône, en 470. Ayant été envoyé à Arles pour rétablir sasanté altérée par ses austérités, il y fut nommé évêque malgré lui. Il y fondaun monastère de filles, à la tête duquel il mit sa propre sœur, nomméeCésaire comme lui (1).
Il donna à ces religieuses une règle qui leur prescrivait la clôture etl’abstinence de la viande. Leur habit était blanc, et leur journée était par-tagée entre l’étude des lettres, les offices du chœur et le travail des mainsen commun. Elles devaient fabriquer elles-mêmes les étoffes dont elless’habillaient, et étaient obligées à un grand nombre de jours de jeûne, quel’abbesse pouvait même augmenter si elle le jugeait à propos.
Cette règle fut adoptée dans la suite par plusieurs autres monastères defilles, comme à Poitiers et à Besançon. Elle fut même donnée à quelquesmonastères d’hommes.
Cet établissement religieux d’Arles pour des filles porta premièrementle nom de Saint-Jean, et ensuite celui de Saint-Césaire, et il adopta larègle de saint Benoît quand elle fut connue.
L’ouvrage le plus remarquable qui parut à cette époque sont les Insti-
(d) C’est-à-dire que l’évêque s’appelait Cesarius et sa sœur Cesaria, selon le génie de lalangue latine, qui était alors la langue vulgaire des habitants de cette partie de la Gaule.