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1 (1845)
Entstehung
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DES ORDRES RELIGIEUX.

mortifications. Ils travaillaient afin de nêtre à charge à personne.

Les uns vivaient séparément et loin de toute société. Dautres se réu-nissaient pour vivre en commun, renonçaient à leur volonté, et obéissaient ,sans murmurer, aux ordres, quels quils fussent, des chefs auxquels ilsétaient soumis. Qui na pas lu lhistoire de ce fameux Siméon Stylite, quipassa une grande partie de sa vie sur une colonne haute de soixantepieds ? genre de vie qui fit ladmiration de ses contemporains, et qui pas-serait aujourdhui pour une extravagance.

Quelques-uns, devenus leurs propres bourreaux, se flagellaient jus-quau sang, portaient de rudes cilices, ou se ceignaient les reins de forteschaînes. Personne ne les- condamnait à un tel supplice; mais tout partaitchez eux dun saint enthousiasme, dont le motif était louable, et qui te-nait peut-être à la chaleur du climat quils habitaient.

De toutes ces pratiques, les bénédictins ne retinrent que le travail desmains, et au lieu de tresser des nattes, des corbeilles et des paniers, ilsdéfrichèrent les marais, les bruyères, et enseignèrent lagriculture aux peu-ples que les Barbares avaient ruinés.

Plus tard, au douzième siècle, les moines ne voulurent plus être la-boureurs. Un autre besoin se révélait ; il fallait le satisfaire. Les peuplesmanquaient dinstruction (1). Pour leur en donner, les moines, au lieu demacérer leur corps, cultivèrent leur esprit par létude, et lon vit lesfranciscains, les dominicains et les prémontrés sannoncer au mondecomme les restaurateurs des bonnes mœurs et les prédicateurs des sainesdoctrines.

(1) A tout prendre, lignorance nest pas le pire état du peuple : la foi du charbonnier luisuffirait, car, comme le dit lauteur de VImitation de Jésus-Christ, t un bon paysan, qui craintt Dieu, en sait plus quun philosophe qui connaît le cours des astres. » Mais le malheur delignorance pour le peuple est quelle le rend susceptible dêtre trompé par les fausses doc-trines. A mesure que la lumière se répand dans le monde, les ténèbres la suivent, comme lanuit suit le jour. A-t-on jamais vu paraître plus dhérésies quà lépoque le christianismecommençait à se répandre?

Labourez votre champ avec tout le soin possible, semez-y le meilleur grain, vous ny ver-rez pas moins croître les mauvaises herbes au milieu du froment le plus pur. Lerreur est laplante parasite de la vérité : lune ne lève pas sans lautre. A-t-on jamais tant écrit quau-jourdhui? Le peuple en est-il plus instruit et surtout plus moral?

Cétait donc pour prémunir les peuplés contre les efforts de lerreur que les moines dudouzième siècle ont paru , et ce sera toujours contre de nouvelles erreurs que Dieu susciterade nouveaux prédicateurs pour les combattre.