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HISTOIRE ET COSTUMES
pour la Grèce, où le nombre des chrétiens était plus grand que dans lesGaules. Mais Yenance étant mort peu de temps après, Honorât revint dansson pays, et, après avoir vécu quelque temps en ermite dans les environsde Fréjus, il se retira dans la plus petite des deux îles de Lérins, et yfonda le célèbre monastère de ce nom. Il donna aux disciples qu’il y ras-sembla la règle de saint Pacôme.
Pendant vingt-quatre ou vingt-cinq ans qu’il gouverna ces solitaires,Honorât s’acquit une telle réputation de sainteté, qu’en 426 il fut élevésur le siège d’Arles, qu’il occupa pendant trois ans, jusqu’à sa mort arrivéeen 429.
Saint Hilaire, son parent, qui avait embrassé comme lui la vie reli-gieuse dans le monastère de Lérins, lui succéda dans l’épiscopat, par levœu unanime de tous les chrétiens d’Arles, et occupa ce siège jusqu’àl’année 449.
Il faut remarquer que l’époque où vivaient les saints personnages dontdont nous venons de parler, en était une de bouleversements politiques.C’était celle où l’on avait vu des hordes innombrables de barbares se jetersur les Gaules. Les Vandales, suivis d’une foule d’autres nations jusque-làinconnues, s’étaient avancés jusqu’au pied des Pyrénées et s’étaient em-parés de l’Espagne.
Le même siècle avait vu les Francs s’établir dans le nord des Gaules.Attila, le fléau de Dieu, les Goths avaient ravagé l’Italie, et poussé leurscourses jusqu’au delà du Rhin et du Rhône. C’était, pour ainsi dire, aubruit de la chute de l’empire romain, que de pieux solitaires se réunis-saient pour se consoler entre eux, dans le sein de Dieu, des malheurs deleur patrie.
A la vue des ruines immenses qu’amoncelaient autour d’eux les barbaresdestructeurs, à la vue des malheureux sans nombre qu’ils faisaient, quelexemple frappant de la fragilité des choses humaines n’avaient pas sousles yeux ceux qui y reconnaissaient les vues profondes de la Providence,et s’enfonçaient dans la retraite, pour s’humilier sous la main puissante dela Divinité ! Le monde devait avoir bien peu d’attraits pour ceux qui n’yvoyaient qu’un théâtre de douleurs, et ne trouvaient plus de ressourcesque dans les bras de la religion.
Le monastère de Lérins fut donc un des plus anciens des Gaules. Ilfut dans la suite chef-d’ordres, c’est-à-dire, que plusieurs autres monas-