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1 (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES

pour la Grèce, le nombre des chrétiens était plus grand que dans lesGaules. Mais Yenance étant mort peu de temps après, Honorât revint dansson pays, et, après avoir vécu quelque temps en ermite dans les environsde Fréjus, il se retira dans la plus petite des deux îles de Lérins, et yfonda le célèbre monastère de ce nom. Il donna aux disciples quil y ras-sembla la règle de saint Pacôme.

Pendant vingt-quatre ou vingt-cinq ans quil gouverna ces solitaires,Honorât sacquit une telle réputation de sainteté, quen 426 il fut élevésur le siège dArles, quil occupa pendant trois ans, jusquà sa mort arrivéeen 429.

Saint Hilaire, son parent, qui avait embrassé comme lui la vie reli-gieuse dans le monastère de Lérins, lui succéda dans lépiscopat, par levœu unanime de tous les chrétiens dArles, et occupa ce siège jusquàlannée 449.

Il faut remarquer que lépoque vivaient les saints personnages dontdont nous venons de parler, en était une de bouleversements politiques.Cétait celle lon avait vu des hordes innombrables de barbares se jetersur les Gaules. Les Vandales, suivis dune foule dautres nations jusque-inconnues, sétaient avancés jusquau pied des Pyrénées et sétaient em-parés de lEspagne.

Le même siècle avait vu les Francs sétablir dans le nord des Gaules.Attila, le fléau de Dieu, les Goths avaient ravagé lItalie, et poussé leurscourses jusquau delà du Rhin et du Rhône. Cétait, pour ainsi dire, aubruit de la chute de lempire romain, que de pieux solitaires se réunis-saient pour se consoler entre eux, dans le sein de Dieu, des malheurs deleur patrie.

A la vue des ruines immenses quamoncelaient autour deux les barbaresdestructeurs, à la vue des malheureux sans nombre quils faisaient, quelexemple frappant de la fragilité des choses humaines navaient pas sousles yeux ceux qui y reconnaissaient les vues profondes de la Providence,et senfonçaient dans la retraite, pour shumilier sous la main puissante dela Divinité ! Le monde devait avoir bien peu dattraits pour ceux qui nyvoyaient quun théâtre de douleurs, et ne trouvaient plus de ressourcesque dans les bras de la religion.

Le monastère de Lérins fut donc un des plus anciens des Gaules. Ilfut dans la suite chef-dordres, cest-à-dire, que plusieurs autres monas-